Les dirigeants du groupe E5 veulent prouver que l'Europe est capable de soutenir l'Ukraine

La réunion de Berlin a fait comprendre à Washington que l'Europe était prête à s'engager davantage en vue du sommet de l'OTAN prévu le mois prochain

EURACTIV.com
Les dirigeants du groupe E5 lors de la réunion à Berlin [Photo : Sean Gallup/Getty Images]

BERLIN – Le chancelier allemand Friedrich Merz a reçu mercredi les dirigeants du groupe E5, qui rassemble des alliés européens, afin de manifester son soutien continu à l’Ukraine, alors que la Russie intensifie sa campagne de frappes par drones contre ce pays.

Merz a appelé à la poursuite des livraisons de systèmes de défense aérienne à Kiev lors d’entretiens menés à Berlin avec le Premier ministre britannique Keir Starmer, le président français Emmanuel Macron, le Premier ministre polonais Donald Tusk et la Première ministre italienne Giorgia Meloni. Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN, s’est joint à la réunion par visioconférence.

Cette réunion précède le sommet de l’OTAN qui se tiendra le mois prochain à Ankara et témoigne de l’importance croissante du format E5 en tant que forum de coordination du soutien européen à Kiev. La Pologne et l’Italie ont particulièrement tenu à y être associées après l’exclusion de Varsovie d’une réunion du format E3 qui s’est tenue à Londres au début du mois avec le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy, ce qui avait suscité des plaintes de la part de Tusk.

La réunion de Berlin est en grande partie symbolique, visant à démontrer l’unité européenne et à signaler à Washington que l’Europe est prête à assumer une plus grande responsabilité dans le soutien à l’Ukraine.

Lors d’une conférence de presse conjointe, les dirigeants ont souligné leur engagement envers l’OTAN et l’Ukraine. Merz a présenté cinq messages clés, notamment le soutien à un pilier européen plus fort au sein de l’alliance, une coopération plus étroite en matière de défense aérienne et un signal clair de soutien à Kiev lors du sommet d’Ankara. L’Allemagne, a-t-il indiqué, a l’intention d’atteindre l’objectif de dépenses de 3,5 % fixé par l’OTAN d’ici 2029.

Macron a déclaré qu’il constate une convergence croissante entre l’Europe et les États-Unis, tandis que Starmer a fait valoir qu’il faudrait exercer une pression supplémentaire sur l’économie russe et a qualifié le soutien à l’Ukraine d’enjeu déterminant pour le prochain sommet de l’OTAN.

Tusk a affirmé qu’il serait difficile de maintenir le soutien à l’Ukraine sans l’implication de la Pologne et des États baltes. Il présidera la Ukraine Recovery Conference dans la ville polonaise de Gdańsk à partir de jeudi.

Correction (00 h 16, jeudi 25 juin 2026) : une version antérieure de cet article indiquait de manière erronée le lieu de la Ukraine Recovery Conference. La conférence se tiendra à Gdańsk, en Pologne.

(cz)