Enquête : les lobbyistes peu disposés à s’enregistrer [FR]
Une enquête d’EURACTIV présentée lors d’une conférence mercredi dernier (4 mars) montre que de nombreux cabinets de conseil, fédérations d’entreprises et sociétés ne souhaitent pas s’inscrire au registre des lobbyistes de la Commission européenne. Mais la majorité des répondants soutiennent le principe de transparence.
Une enquête d’EURACTIV présentée lors d’une conférence mercredi dernier (4 mars) montre que de nombreux cabinets de conseil, fédérations d’entreprises et sociétés ne souhaitent pas s’inscrire au registre des lobbyistes de la Commission européenne. Mais la majorité des répondants soutiennent le principe de transparence.
55 % des fédérations, 23 % des cabinets de conseil et 41 % des entreprises ne souhaitent pas participer au registre volontaire des lobbyistes lancé en juin dernier par la Commission (EURACTIV 24/06/08). C’est ce que révèle une étude présentée lors de la huitième conférence de l’ European Centre for Public Affairs (ECPA) qui a eu lieu à Bruxelles.
Néanmoins, la majorité des fédérations, cabinets de conseil et entreprises apprécient l’initiative européenne relative à la transparence (ETI) et soutiennent la transparence de manière générale. Un petit nombre de lobbyistes de chaque catégorie ont en outre répondu qu’ils s’inscriraient probablement en 2009 ou 2010.
Les lobbyistes des entreprises se sont plus rapidement enregistrés que les cabinets de conseil et les fédérations, selon l’échantillon restreint de l’étude. Plus de la moitié (55 %) des répondants issus des entreprises se sont déjà enregistrés, tandis que les cabinets de conseil (33 %) et les fédérations (17 %) ont été légèrement moins prompts à le faire.
Un lobbyiste de l’industrie, qui a préféré rester anonyme, a laissé entendre que cette étude montrait que les entreprises considéraient l’enregistrement nécessaire au maintien de leur réputation.
Les spécialistes du domaines des affaires publiques, quant à eux, souhaiteraient qu’un certain nombre de questions relatives au registre lancé par la Commission européenne l’année dernière soient clarifiées, y compris celles concernant la divulgation des données financières et la distinction entre le lobbying direct et les autres activités de conseil.
Les experts sont également divisés au sujet de l’avenir de l’ETI, une majorité de répondants issus des entreprises (27 %) s’attendant à ce que le système devienne contraignant tout en restant le même. 34 % des fédérations s’attendent à ce que le registre reste volontaire, et 28 % des cabinets de conseil estiment qu’il sera simplifié.
Commentant les résultats de l’enquête, un éminent lobbyiste bruxellois a laissé entendre que l’exécutif européen pourrait en faire plus pour communiquer avec la communauté des affaires publiques et pour encourager l’enregistrement.
L’étude a identifié d’autres facteurs pouvant empêcher l’enregistrement. Il s’agit notamment du nombre excessif de données requises (30 %) ou du risque que ces données soient utilisées à mauvais escient (19 %).
La majorité des organisations dépensent plus de la moitié de leur budget relatif aux affaires publiques européennes à Bruxelles, mais moins d’un quart est destiné à du lobbying direct.
La Commission projette d’évaluer cet été le succès de la première année d’existence du registre.