L'UE accepte d'assouplir les sanctions contre la Russie face à la résistance de la Grèce

La France, l'Italie, l'Allemagne et le Portugal ont tous contribué à affaiblir ces mesures, destinées à accentuer la pression sur la Russie

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La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen [Dursun Aydemir/Anadolu via Getty Images]

Les capitales de l’UE se sont mises d’accord sur un train de sanctions nettement affaibli à l’encontre de la Russie, mettant ainsi fin à de longues négociations au cours desquelles plusieurs pays avaient cherché à obtenir des dérogations pour protéger leurs intérêts nationaux.

Les ambassadeurs de l’UE ont approuvé jeudi matin le 21e train de sanctions de l’Union, mettant fin à une impasse qui perdurait depuis que la Commission avait dévoilé sa proposition le 9 juin. 

Les discussions se sont prolongées jusqu’aux dernières heures, la Grèce étant restée la dernière à faire obstruction, car elle cherchait à obtenir des dérogations pour son secteur maritime.

Athènes a exigé une dérogation permettant à des entreprises, notamment le transporteur grec de GNL Dynagas, de continuer à acheminer du gaz naturel liquéfié russe vers des pays tiers. 

Dans le cadre du compromis négocié par l’Irlande, les gouvernements ont accepté une dérogation renouvelable d’un an permettant aux entreprises de transporter du GNL russe vers des pays tiers, des révisions annuelles de cet accord, ainsi qu’un gel de 12 mois de tout ajustement du plafond des prix du pétrole fixé par le G7, selon plusieurs diplomates. 

Ce compromis doit encore être approuvé officiellement par l’ensemble des 27 États membres.

Plafond du prix du pétrole

Les gouvernements de l’UE se sont empressés de sortir de l’impasse avant l’expiration, jeudi, du gel actuel du plafond du prix du pétrole fixé par le G7.

La semaine dernière, les capitales de l’UE ont convenu de repousser la date limite afin de gagner du temps pour parvenir à une percée, puis ont fait pression sur la Grèce pour qu’elle accepte un gel plus long en échange de l’autorisation de continuer à expédier du GNL.

La Commission avait initialement proposé un gel de six mois, qui interdit aux entreprises de l’UE de fournir des services aux pétroliers russes vendant du brut au-delà d’un certain prix.

En l’absence d’accord, le plafond risquait de passer automatiquement à 58 dollars le baril, soit au-dessus de son niveau actuel de 44 dollars, ce qui aurait pu procurer au Kremlin une manne financière en permettant à la Russie de tirer davantage de revenus de ses exportations de pétrole. 

Ce paquet de mesures, que les diplomates avaient initialement qualifié de l’un des plus ambitieux de l’Union, est ressorti des négociations considérablement édulcoré. 

La proposition des pays baltes visant à interdire l’entrée de soldats russes sur le territoire de l’Union a été fortement édulcorée après que la France, l’Italie et la Grèce s’y sont opposées, réduisant son champ d’application aux visas de court séjour et limitant les critères de participation à la guerre à une implication directe dans les combats ou les opérations militaires. 

Les négociations avaient également été retardées de plusieurs semaines en raison de l’insistance de l’Autriche pour que la Raiffeisen Bank International soit autorisée à accéder aux avoirs russes gelés afin de compenser les pertes résultant de poursuites judiciaires en Russie. La question a finalement été reléguée dans un considérant du texte juridique, les États membres ayant convenu de la réexaminer ultérieurement. 

Les pays ont abandonné leurs projets visant à supprimer progressivement les importations de poisson russe face à la résistance de l’Allemagne, de la Pologne et du Portugal.

La Bulgarie, quant à elle, a bloqué les efforts visant à sanctionner le patriarche Cyrille, chef de l’Église orthodoxe de Moscou, garantissant ainsi son retrait de la liste noire. 

Malgré ces concessions, le paquet de mesures inscrit tout de même sur la liste noire environ 250 personnes et entités supplémentaires.

L’article a été mis à jour afin d’inclure des détails supplémentaires sur le plafonnement du prix du pétrole.

(mm)