Fiasco du sommet eurasien à Moscou

Le sommet qui était censé mettre en place une union économique similaire à l'UE n'a pas atteint son objectif hier (19 mars). Le Belarus a en effet refusé la création d'un mécanisme communautaire pouvant imposer ses décisions aux Etats membres.

EURACTIV.com
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Le sommet qui était censé mettre en place une union économique similaire à l'UE n'a pas atteint son objectif hier (19 mars). Le Belarus a en effet refusé la création d'un mécanisme communautaire pouvant imposer ses décisions aux Etats membres.

La création d'une Union eurasienne, largement inspirée de l'UE, a été reportée à 2015 après que le président du Bélarus, Alexandre Loukachenko, a insisté pour que les Etats membres aient le droit d'opposer leur veto aux décisions prises par la future union.

Ce sommet a eu lieu à Moscou sur l'initiative du président russe, Dmitri Medvedev. Vladimir Poutine, qui a remporté les élections présidentielles du 4 avril dernier malgré de nombreuses accusations de fraude, prendra ses fonctions en mai.

L'Union eurasienne devait remplacer l'EURASEC, la communauté économique eurasienne créée le 29 mars 1996 qui a mis sur pied une union douanière entre le Bélarus, la Russie et le Kazakhstan. Selon le site Internet du Kremlin, M. Loukachenko, Noursoultan Nazarbayev, le président du Kazakhstan, Almazbek Atambayev, le président du Kirghizstan et Emomali Rahmon, le président du Tadjikistan, ont participé à la réunion.

Les chefs d'Etat des pays observateurs de l'EURASEC étaient également présents : le président arménien, Serzh Sargsyan, le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, et le président en exercice de la Moldavie, Marian Lupu. Le secrétaire général de l'EURASEC, Tair Mansurov, a lui aussi participé au sommet, ainsi que le président du Conseil de la Commission économique eurasienne, Viktor Khristenko. M. Khristenko est l'actuel ministre russe de l'industrie et Moscou souhaiterait le voir nommer président de l'Union eurasienne.

Selon le service russophone de la BBC, le sommet a échoué sur ses deux objectifs : mettre un terme à EURASEC et créer une Union eurasienne. Cherchant le compromis, les dirigeants ont décidé de reporter la création de l'Union eurasienne. « Nous pensons qu'un traité global sur la création d'une nouvelle Union eurasienne sera rédigé et signé d'ici au 1er janvier 2015 », a déclaré M. Medvedev.

Il a également annoncé que le prochain sommet de l'EURASEC aurait lieu en mai 2012.

Le président russe a en outre laissé entendre qu'il était dans l'intérêt de l'Ukraine, de l'Arménie et de la Moldavie, qui ne sont pas encore membres de l'EURASEC, de poser leur candidature pour les rejoindre.

« Nous avons dit que nous formions une union douanière, nous avons parlé des avantages [d'être membres] et de certains désavantages dont pourraient souffrir et dont souffrent déjà les Etats qui ne font pas partie de l'union douanière », a expliqué M. Medvedev, cité par RIA Novosti.

L'Ukraine reste à distance

Kiev refuse pour l'instant de rejoindre cette union douanière, mais l'Ukraine s'est dite prête à coopérer sur une base « 3+1 », une option rejetée par Moscou.

Le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, qui a participé au sommet en sa qualité d'observateur, a affirmé que rien ne justifiait que son pays favorise une intégration renforcée avec la Russie. Selon de nombreux experts russes, l'idée d'une Union eurasienne ne pourrait fonctionner sans l'Ukraine, la seconde plus grande république de l'ex-URSS en termes de population.

« Pour progresser sur la voie de l'intégration, il nous faut de bonnes raisons. Et ce n'est pas le cas actuellement. Il y a eu beaucoup de discussions, mais elles n’ont mené qu’à une seule conclusion : nous ne savons toujours pas ce que nous pourrions recevoir », a déclaré M. Ianoukovitch, cité par la radio ukrainienne.

M. Ianoukovitch a ajouté que son pays avec quitté le processus d'intégration de l'EURASEC et que, par conséquent, en raison du manque d'informations, il n'était pas en position d'évaluer correctement les perspectives de cette nouvelle association.