Le Danemark appelle au « dialogue » avec Washington alors que Trump intensifie ses menaces sur le Groenland
Le Danemark a déclaré mardi 20 janvier qu’il continuerait à rechercher une solution négociée avec les États-Unis concernant l’avenir du Groenland, alors que le président américain Donald Trump a durci le ton en affirmant qu’il n’y aurait « aucun retour en arrière » dans son projet d’annexion du territoire autonome danois.
« Nous insisterons pour tenter de rechercher le dialogue », a déclaré la ministre danoise de l’Économie, Stephanie Lose, aux journalistes avant une réunion des ministres des Finances de l’UE à Bruxelles. « Nous ne voulons pas aggraver la situation, mais, bien sûr, si d’autres continuent à aggraver la situation, il faudra alors que l’Europe réagisse à un moment donné. »
Ces déclarations interviennent après les menaces tarifaires proférées samedi 17 janvier par Donald Trump. Il a menacé d’imposer des droits de douane pouvant atteindre 25 % à plusieurs pays européens, dont le Danemark, tant qu’ils n’accepteraient pas ce qu’il a qualifié d’« achat complet et total » du Groenland par les États-Unis.
Ces droits de douane, dont certains doivent entrer en vigueur à partir du 1er février, ont bouleversé les relations transatlantiques et renforcé les craintes quant à l’avenir de l’OTAN, l’alliance militaire menée par les États-Unis.
Donald Trump a déclaré mardi 20 janvier qu’il avait informé le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, que l’annexion américaine du Groenland « était impérative pour la sécurité nationale et mondiale ».
« Il n’y a pas de retour en arrière possible. Tout le monde est d’accord là-dessus ! », a écrit le président américain mardi sur sa plateforme de réseau social, Truth Social. « Le Danemark et ses alliés européens doivent FAIRE CE QU’IL FAUT », a-t-il publié une heure plus tard.
Bazooka commercial
Les menaces du président américain ont déclenché des appels de certains pays européens, notamment la France, à activer l’« instrument anti-coercition » de l’UE — son « bazooka commercial », qui est l’arme commerciale la plus puissante dont dispose le bloc.
Cependant, le recours à ce bazooka commercial est contesté par l’Italie, la Pologne et de nombreux États de l’Est de l’UE, qui craignent que Washington ne riposte en retirant son soutien à l’Ukraine dans sa guerre contre la Russie ou, dans le pire des cas, en se retirant de l’OTAN.
La Commission européenne a pour l’instant minimisé la probabilité d’un recours à l’instrument anti-coercition, dont l’activation doit être formellement proposée par Bruxelles avant un vote des États membres.
Selon des diplomates européens, une alternative jugée plus réaliste consisterait à réactiver un paquet de mesures de rétorsion tarifaire d’un montant de 93 milliards d’euros, élaboré lors des négociations commerciales de l’an dernier avec Washington mais jamais appliqué.
Cet ensemble de mesures devrait entrer automatiquement en vigueur le 6 février, à moins que la Commission ne renouvelle sa suspension.
Interrogée pour savoir si le Danemark soutiendrait le recours à l’instrument anti-coercition — qui nécessite le soutien d’une majorité qualifiée des États membres —, Stephanie Lose a répondu : « Nous n’excluons rien ».
« Nous discuterons bien sûr de l’instrument anti-[coercition], mais aussi des contre-mesures qui seront mises en place le 6 février si personne ne fait rien », a-t-elle continué. « Toutes les options sont donc sur la table. »
Les dirigeants de l’UE discuteront plus largement du Groenland et des relations avec les États-Unis lors d’un Conseil européen extraordinaire jeudi 22 janvier.