L'aide européenne au développement en baisse à cause de l'austérité

Les pays européens ont réduit leur budget global pour l'aide au développement en 2011. La Grèce et l'Espagne, notamment, ont dû opérer des réductions massives en raison de leurs difficultés financières. C'est ce que révèlent des chiffres publiés par l'OCDE hier (4 avril).

EURACTIV.com
water_crisis.jpg
water_crisis.jpg

Les pays européens ont réduit leur budget global pour l'aide au développement en 2011. La Grèce et l'Espagne, notamment, ont dû opérer des réductions massives en raison de leurs difficultés financières. C'est ce que révèlent des chiffres publiés par l'OCDE hier (4 avril).

L'aide de l'UE aux pays en développement a été réduite d'environ 500 millions d'euros l'année dernière. Elle ne représente donc plus que 0,42 % du revenu national brut, contre 0,44 % en 2010.

Au total, l'aide au développement versée par les Etats membres a atteint 53 milliards d'euros en 2011, selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui rassemble la plupart des pays développés du monde.

Ce sont l'Espagne et la Grèce, fortement touchées par la crise, qui ont le plus réduit leur contribution avec 32,7 % et 39,3 % de moins respectivement. L'aide autrichienne et belge a également été revue à la baisse (14,3 et 13,3 %).

En revanche, les budgets pour l'aide au développement étaient en perpétuelle hausse les années précédentes, avec une augmentation de 63 % entre 2000 et 2010.

L'aide publique au développement (APD) consiste en des projets de développement bilatéraux, de l'aide humanitaire et des allégements de la dette.

Angel Gurría, le secrétaire général de l'OCDE, a déclaré : « la diminution de l’APD est source de grande inquiétude, à un moment où les pays en développement ont été frappés par les répercussions de la crise, alors qu’ils en ont le plus besoin. »

« J’applaudis les pays qui tiennent leurs engagements malgré de sévères plans de consolidation [budgétaire]. Ceux-ci montrent que la crise ne devrait pas être utilisée comme excuse pour réduire les contributions à la coopération au développement », a-t-il ajouté.

L'Europe demeure le plus grand donateur

Certains pays ont augmenté leur budget alloué à l'aide au développement. C’est par exemple le cas de l'Allemagne (+5,9 %), de la Suède (+10,5 %) et de l'Italie (+33 %). L'OCDE explique que la nette augmentation du budget Italien résulte d’une augmentation des dons consentis au titre de l’allégement de la dette et de l'accroissement du nombre de réfugiés en provenance d'Afrique du Nord.

Avec 53 milliards d'euros en 2011, l'UE et ses Etats membres restent de loin les plus grands donateurs. L'Union verse plus de deux fois plus d'argent que les Etats-Unis pour l'aide au développement, les Américains arrivant à la seconde place.

Ce point a été souligné par le commissaire européen chargé de l'aide au développement, Andris Piebalgs : « Malgré la crise, l'Europe réaffirme sa solidarité avec les pays les plus pauvres du monde », a-t-il affirmé dans un communiqué.

Les organisations qui oeuvrent dans le domaine de l'aide internationale n'ont toutefois pas manqué de critiquer la diminution de l'aide européenne, arguant que toute réduction dans ces parties relativement modestes des budgets nationaux et de l'UE ne permettrait que de réaliser de faibles économies.

Catherine Olier, experte chez Oxfam dans le domaine de l'aide au développement de l'UE, a déclaré : « Réduire les dépenses en matière d'aide au développement n'est pas une façon d'équilibrer les budgets. Même les réductions les plus minimes coûtent des vies en empêchant l'accès à l'eau potable ou à des médicaments vitaux. L'aide au développement constitue une part tellement infime des budgets que ces réductions n'auront qu'un impact minime sur les déficits – c'est comme si vous vous coupiez les cheveux pour perdre du poids ! »

Les budgets alloués à l'aide au développement ont également été réduits en dehors de l'UE avec une baisse de 3 % à l'échelle mondiale en 2011. Les Etats-Unis ont réduit leurs aides de 0,9 % en valeur réelle entre 2010 et 2011 et le budget du Japon dans ce domaine a été diminué de 10,7 %.