Pas de forage cette année : le Groenland prévient une compagnie pétrolière américaine
Une entreprise américaine avait annoncé à ses actionnaires qu'elle prévoyait de forer un puits d'exploration au Groenland en 2026
L’opérateur pétrolier américain Greenland Energy n’obtiendra pas cette année les autorisations nécessaires pour commencer à forer dans l’est du Groenland, ont déclaré les autorités locales, contredisant ainsi le calendrier rendu public par l’entreprise.
La semaine dernière, la société américaine avait annoncé à ses actionnaires qu’elle prévoyait de forer un puits d’exploration cette année dans la région reculée de Jameson Land, une péninsule située à l’est du Groenland, et avait souligné le caractère « constructif » du dialogue avec les autorités groenlandaises.
Nuuk affirme toutefois que le projet est encore loin d’être approuvé.
« Dans la situation actuelle, je ne pense pas qu’il soit réaliste pour l’entreprise de mener des travaux de forage cet automne », a déclaré le ministre groenlandais des Affaires étrangères et des Ressources naturelles, Múte B. Egede, à la chaîne locale KNR.
Le Groenland a cessé de délivrer de nouvelles licences pétrolières et gazières en 2021, invoquant des préoccupations environnementales. Toutefois, trois anciennes licences, détenues par une filiale de la société britannique 80 Mile PLC, restent valides. Greenland Energy est un investisseur et un opérateur du projet, mais n’est pas le titulaire de la licence ; l’entreprise n’a pas encore obtenu les autorisations nécessaires pour installer son campement et commencer les forages.
Le scandale a commencé à prendre de l’ampleur lorsque le média d’investigation danois Danwatch a révélé que les sociétés 80 Mile et Greenland Energy Company avaient acheminé une importante quantité de matériel vers Jameson Land fin juillet. La cargaison comprenait une pelleteuse et au moins 15 conteneurs.
La société a reçu un « avertissement sévère » stipulant que « toutes les futures dispositions logistiques » doivent être notifiées à l’autorité chargée des ressources minérales et approuvées par celle-ci avant leur mise en œuvre, a indiqué Egede.
Il a ajouté qu’une nouvelle infraction pourrait entraîner des sanctions plus sévères, notamment des restrictions, des amendes ou, dans les cas les plus graves, le retrait des licences.
Le Groenland est au cœur des tensions transatlantiques depuis que le président américain Donald Trump a revendiqué cette nation insulaire, territoire semi-autonome du Danemark. D’autres pays européens sont venus en aide au Danemark en début d’année lorsque Trump a refusé d’exclure une intervention militaire, avant de finalement faire marche arrière.
Les responsables groenlandais et danois ont tous deux rejeté tout projet de prise de contrôle par les États-Unis, tandis qu’un « groupe de travail de haut niveau » s’efforce depuis janvier de trouver un compromis entre Copenhague, Nuuk et Washington.
(cm)