L’ambassadeur de l’année européenne de lutte contre la pauvreté en France s’interroge sur les avancées du projet
En France, les avancées autour de l’année européenne de lutte contre la pauvreté semblent battre de l’aile. Quant aux engagements de l’UE et des États membres, ils suscitent le scepticisme.
En France, les avancées autour de l’année européenne de lutte contre la pauvreté semblent battre de l’aile. Quant aux engagements de l’UE et des États membres, ils suscitent le scepticisme.
La réflexion autour de l’année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale en France semble faire du sur place. C’est en tout cas l’avis de son ambassadeur, François Soulage. « Il ne se passe pas grand chose pour cette année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale », déplore-t-il. M. Soulage assure pourtant que l’ancien Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté Martin Hirsch lui avait répété que les engagements pris en février 2010 seraient tenus. « Sauf qu’aujourd’hui, il n’est plus au gouvernement », a-t-il ajouté.
Parmi ces engagements, figure l’objectif de réduction d’un tiers de la pauvreté dans les cinq ans. « Je suis très interrogatif sur cette année européenne », déclare François Soulage. « En tant qu’ambassadeur, j’étais garant des engagements pris mais je ne pourrai pas l’être » si rien ne se passe, explique-t-il.
Les trois rencontres qui auront lieu dans les mois prochains sur les parcours d’insertion, l’accès aux droits et la citoyenneté, la gouvernance et le partenariat territorial suscitent cependant un espoir. Des propositions pourraient émerger et être soumises au gouvernement.
Il n’empêche qu’après la déception qu’a suscité le sommet européen sur les Roms à Cordoue les 8 et 9 avril 2010, en raison de la timidité des engagements pris, la lutte contre la pauvreté a des difficultés à figurer parmi les priorités des États membres. Et pourtant, l’UE cherche à lui donner une place significative, à l’instar de l’objectif de réduction de 25% de la pauvreté proposé dans la stratégie Europe 2020. « Cela va dans la bonne direction », selon la responsable du département Europe au Secours catholique Geneviève Colas.
Un bémol toutefois : « ce qui a été proposé jusqu’à maintenant n’est pas suffisant », ajoute-t-elle, il faut « définir des objectifs chiffrés ». François Soulage est quant à lui encore plus sceptique. « L’objectif de réduction de la pauvreté de 25% n’aura aucun impact en France », a-t-il déclaré. Le pays est en réalité en faveur d’objectifs plus ciblés par grandes catégories de pauvreté mais les pays d’Europe centrale et orientale et le Royaume-Uni n’en veulent pas.
Et pourtant, une coopération plus poussée entre les États membres est nécessaire, car « la liberté de circulation à l’intérieur de l’UE a engendrée de nouvelles formes de pauvreté, tel que le développement des réseaux mafieux », selon Geneviève Colas. « Nous en sommes tous coresponsables », a-t-elle ajouté. Une partie de la solution pourrait résider dans la création « d’une plate-forme européenne de coopération, de révision par les pairs et d’échange de bonnes pratiques », tel que le propose la stratégie Europe 2020. Geneviève Colas estime néanmoins que son efficacité dépendrait des moyens fournis.