Bruxelles prévoit de verdir le très moqué rond-point Schuman

Le gouvernement régional a approuvé un « plan canopée » visant à créer de l'ombre sur cette vaste étendue de béton

EURACTIV.com
Le rond-point Schuman en cours de construction en novembre 2025 [Photo : Thierry Monasse/Getty Images]

Le gouvernement régional de Bruxelles a approuvé un plan vague visant à réaménager le rond-point Schuman, lieu emblématique des institutions européennes mais qui fait l’objet de nombreuses controverses.

Le réaménagement de la place, qui a fait la part belle au béton, a suscité une vive polémique, après des querelles politiques qui l’ont laissée à l’état d’une immense étendue de béton brûlant, dépourvue de bancs et privée de la canopée en acier qui était au cœur du projet initial des architectes.

À la fin de la semaine dernière, le gouvernement bruxellois s’est mis d’accord sur un « plan canopée » visant à ajouter davantage de verdure au rond-point, à apporter un peu d’ombre et à le protéger des futures vagues de chaleur.

Un porte-parole d’Elke Van den Brandt, ministre régionale des Travaux publics, a déclaré que ce plan serait plus simple et moins coûteux que le projet initial, dont les coûts avaient explosé.

Les détails, y compris le calendrier, restent à définir, a précisé le porte-parole, mais il n’y aura pas de nouvelle tentative de construction de l’auvent en acier, qui nécessiterait des travaux d’ingénierie de grande envergure.

Les ambitions en matière de modifications possibles sont limitées, maintenant que la rénovation, dotée d’un budget de 30 millions d’euros, est achevée.

Les tunnels situés sous le rond-point empêchent la plantation de grands arbres.

Beliris, le promoteur immobilier, a achevé le projet sans la canopée en acier, après une longue période d’impasse politique qui a suivi les élections de 2024, lorsque Bruxelles n’est pas parvenue à former un gouvernement régional. Le gouvernement bruxellois a sollicité des fonds auprès des institutions européennes elles-mêmes, mais en vain.

Francis De Wolf, l’un des architectes à l’origine du projet, a déclaré à Euractiv le mois dernier que la situation actuelle constituerait le « pire scénario » si elle devait devenir définitive.

Un porte-parole d’Audrey Henry, secrétaire d’État à l’urbanisme, a indiqué qu’on aurait une vision plus claire des mesures précises qui pourraient être prises à l’automne.

Par ailleurs, Pascal Smet, qui était ministre bruxellois des Travaux publics lorsque le projet a été conçu, a lancé une pétition en faveur de la construction de la canopée en acier initialement prévue, affirmant que sans elle, le rond-point « n’a pas l’allure du lieu de rencontre emblématique qu’il était censé être ».

La pétition a recueilli moins de 2 000 signatures en trois semaines. « La plus grande poêle à frire d’Europe n’a jamais été le projet », a-t-il écrit sur X.

(jp)