L’UE lance sa première stratégie industrielle pour l’électronique
La Commission a proposé une nouvelle stratégie industrielle européenne pour l’électronique alors que les Vingt-Sept risquent de perdre la capacité de concevoir et de fabriquer des composants électroniques indispensables à l’économie numérique.
La Commission a proposé une nouvelle stratégie industrielle européenne pour l’électronique alors que les Vingt-Sept risquent de perdre la capacité de concevoir et de fabriquer des composants électroniques indispensables à l’économie numérique.
Avec un rythme de progression moyen de 5 % par an depuis 2000, l'industrie européenne de l'électronique emploie aujourd'hui 200 000 personnes directement et un million d'autres indirectement. Le secteur rencontre cependant des difficultés afin de répondre à la demande accrue de travailleurs qualifiés.
Aucun État membre et aucune entreprise en Europe ne dispose des ressources afin de suivre le rythme du développement technologique et les coûts élevés de la recherche, du développement et de l'innovation.
La Commission propose donc une stratégie pour l'électronique afin d'investir dans les compétences et de se concentrer sur des secteurs caractérisés par des points forts, comme des groupes d'entreprises technologiques de pointe dans le monde et des industries concurrentielles dans des secteurs clés, ce qui réunirait les ressources à l'échelle européenne, nationale et régionale.
L'exécutif européen espère que tous les secteurs économiques en Europe bénéficieront de cette stratégie, étant donné qu'au moins 10 % du PIB dépend des produits et des services électroniques.
Indispensable à d'autres secteurs
Lors d'une conférence de presse hier (23 mai), la commissaire européenne en charge de la stratégie numérique, Neelie Kroes, a déclaré qu'actuellement, tous les secteurs dépendaient de l'électronique. Il est donc utile d'avoir une stratégie.
« Si notre électronique, et c'est ma motivation première, n'est pas concurrentielle, tous les secteurs en souffrent et notre base de production dans son ensemble est en danger », a-t-elle indiqué.
La commissaire a ajouté que les objectifs de la Commission étaient assez simples :
« Nous devons attirer des investissements plus élevés, collaborer à l'échelle transfrontalière et utiliser le marché unique. Cela permettra au secteur de […] soutenir la création d'emploi et la croissance économique dans toute l'économie. »
Neelie Kroes aspire à un investissement qui corresponde à l'ampleur du défi, à savoir environ 5 milliards d'euros sur sept ans pour l'innovation, la recherche et le développement. Cette somme devrait provenir de la Commission, des États membres et des régions.
L'industrie de l'électronique et des chercheurs soutiennent l'ambition de Bruxelles. Fin 2012, ils avaient expliqué qu'un investissement total de 100 milliards d'euros pourrait être réalisé entre 2013 et 2020.
Neelie Kroes a précisé que la stratégie bénéficiera en particulier aux secteurs de la nano- et la microélectronique ainsi que de la photonique, dans lesquels l'Europe arrive en première ou deuxième position. Ces secteurs sont également liés aux thèmes de la santé en ligne, de l'énergie et des transports.