La baronne Ashton méconnue de la population britannique
La commissaire qui a pour tâche de représenter l’Union européenne dans le monde, la baronne Catherine Ashton, est méconnue dans son propre pays d'origine, selon un document interne sur la visibilité des commissaires européens consulté par EURACTIV.
La commissaire qui a pour tâche de représenter l’Union européenne dans le monde, la baronne Catherine Ashton, est méconnue dans son propre pays d'origine, selon un document interne sur la visibilité des commissaires européens consulté par EURACTIV.
Seuls 16 % des citoyens britanniques ont récemment vu ou entendu parler de Mme Ashton dans les médias nationaux, révèle un sondage réalisé en janvier dernier par l'agence de sondage européenne, l'Eurobaromètre.
Les résultats de cette enquête ont été communiqués aux commissaires la semaine dernière, mais ils ne devraient pas être publiés.
La visibilité de Mme Ashton dans les médias nationaux dépasse tout juste celle du commissaire français Michel Barnier, qui n'a été remarqué dans les médias nationaux que par 8 % de l'échantillon français.
M. Barnier, en charge du marché intérieur et des services financiers, peut toutefois se targuer d'être le commissaire « le plus suivi » sur Internet.
Son site Internet a reçu plus de 20 000 visites en décembre dernier, ce qui en fait le commissaire le plus populaire de la toile après le président de la Commission, José Manuel Barroso, dont le site web a reçu près de 35 000 visiteurs le même mois.
La grande visibilité en ligne de M. Barnier peut s'expliquer par les sujets dont il s'occupe et qui le rendent sans doute plus intéressant pour un public international que national. Sans surprise, la réforme des règles financières européennes, qui concerne surtout la City de Londres, a davantage attisé l'intérêt des Britanniques que des Français.
Mais la même logique ne s'applique pas à Mme Ashton. Même si elle est responsable du portefeuille le plus visible à l'échelle mondiale, la haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères et la défense enregistre de piètres résultats sur la toile.
Son site Internet a reçu moins de 8000 visiteurs en décembre, alors que ce même mois, l'Union européenne intensifiait ses sanctions contre l'Iran et la Syrie.
Mme Ashton n'arrive qu'à la 18e place dans le classement en ligne des commissaires en décembre. C'est le Slovaque Maroš Šef?ovi?, le commissaire en charge des questions administratives, qui jouit du moins de visibilité.
Et le grand gagnant est…
Le commissaire le plus visible dans son pays est Olli Rehn. La gestion de la crise économique en tant que commissaire aux finances lui confère en toute logique le titre de champion de la visibilité. En Finlande, son pays d'origine, 45 % des citoyens interrogés ont affirmé avoir récemment vu ou entendu parler de lui dans les médias nationaux. Le site Internet de M. Rehn a accueilli plus de 11 000 visiteurs en décembre dernier.
John Dalli, le commissaire en charge de la santé et des consommateurs, se retrouve à la seconde place. Il est bien connu sur son île natale, Malte. Certains diront que ce n'est pas très difficile d'être célèbre sur un territoire qui ne compte que 400 000 habitants. Mais cet argument peut être réfuté par le fait que M. Dalli fasse partie des dix commissaires les plus célèbres sur la toile, devant le commissaire à la concurrence, Joaquín Almunia, et M. Rehn.
Le commissaire à l'industrie, Antonio Tajani, arrive en troisième position avec 40 % d'Italiens interrogés ayant affirmé le connaître grâce à sa présence dans la presse nationale.
Le commissaire estonien, Siim Kallas, en charge des transports, a obtenu le même résultat que M. Tajani, mais son site Internet n'a pas eu beaucoup de succès. Il s'agit en effet du second site le moins visité en décembre, juste après celui de M. Šef?ovi?.
M. Barroso n'a été récemment remarqué dans les médias nationaux que par 31 % de l'échantillon portugais. M. Almunia n'est pas non plus très célèbre dans son pays d'origine : 19 % des Espagnols interrogés ont affirmé l'avoir récemment vu dans les médias.
Le commissaire belge en charge du commerce, Karel De Gucht, a obtenu de piètres résultats, malgré sa présence à Bruxelles. Seuls 17 % des Belges se souviennent l'avoir vu dans la presse locale ou à la télévision.
Voici les résultats du sondage sur la présence des commissaires dans les médias nationaux d'information :
- Olli Rehn, Finlande : 45 %
- John Dalli, Malte : 41 %
- Antonio Tajani, Italie : 40 %
- Siim Kallas, Estonie : 40 %
- László Andor, Hongrie : 34 %
- Viviane Reding, Luxembourg : 33 %
- Connie Hedegaard, Danemark : 33 %
- Janusz Lewandowski, Pologne : 32 %
- José Manuel Barroso, Portugal : 31 %
- Janez Poto?nik, Slovénie : 27 %
- Günther Oettinger, Allemagne : 26 %
- Dacian Ciolo?, Roumanie : 24 %
- Cecilia Malmström, Suède : 23 %
- Andris Piebalgs, Lettonie : 23 %
- Máire Geoghegan-Quinn, Irlande : 22 %
- Kristalina Georgieva, Bulgarie : 22 %
- Androulla Vassiliou, Chypre : 21 %
- Algirdas Šemeta, Lituanie : 19 %
- Joaquín Almunia, Espagne : 19 %
- Maria Damanaki, Grèce : 18 %
- Maroš Šef?ovi?, Slovaquie : 17 %
- Johannes Hahn, Autriche : 17 %
- Neelie Kroes, Pays-Bas : 17 %
- Štefan Füle, République tchèque : 17 %
- Karel De Gucht, Belgique : 17 %
- Catherine Ashton, Royaume-Uni : 16 %
- Michel Barnier, France : 8 %