La Commission s’empare de la question des retraites

Dans un Livre vert publié mercredi 7 juillet, Bruxelles adopte une approche juridique du débat des retraites. Ce qui exaspère les syndicats.

EURACTIV.fr
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Dans un Livre vert publié mercredi 7 juillet, Bruxelles adopte une approche juridique du débat des retraites. Ce qui exaspère les syndicats.

En France, le sujet a une tonalité politique. Mais la Commission européenne a décidé de se lancer dans le débat sur les retraites en adoptant une approche technique. Pour assurer la viabilité du système des retraites, elle devrait proposer, dans un Livre vert présenté le 7 juillet, d’adapter automatiquement l’âge de la retraite aux nouvelles tendances démographiques et économiques.

Selon un avant projet du texte consulté par EURACTIV.com, la Commission part du constat que les Européens passent actuellement à peu près un tiers de leur vie adulte à la retraite. Seul 50 % des Européens sont toujours employés passé l’âge de 60 ans. La situation actuelle n’est « plus tenable », estime la Commission. Selon le Livre vert, il faut « s’assurer que le temps passé à la retraite ne continue pas à s’accroître par rapport au temps passé à travailler ». La mise en place de « mécanismes d’ajustement automatique » serait l’une des pistes envisagées pour adapter l’âge de départ à la retraite à l’augmentation de l’espérance de vie.

Interrogé par EURACTIV.fr, le conseiller sur les pensions à la Confédération européenne des syndicats (CES), Henri Lourdelle, estime que « le diagnostic est bien posé mais que les réponses apportées ne sont pas satisfaisantes ». Il soutient que « le sujet n’est pas technique mais politique » car la question des retraites a trait avant tout à la politique de l’emploi. Relever l’âge de la retraite implique que les personnes de plus de 60 ans puissent travailler, ce qui n’est pas le cas pour le moment dans la plupart des pays européens, explique-t-il.

Il récuse également l’idée évoquée par l’avant-projet du Livre vert de pénaliser les sorties précoces du marché du travail,, car ce sont « les stratégies des entreprises qui sont en cause » si les seniors sont moins embauchés, affirme-t-il.

Autre point de friction  : les fonds de pension. La Commission propose de partir des règles de Solvabilité II pour harmoniser et renforcer les règles prudentielles européennes. « L’éducation financière » des salariés proposée par la Commission pour qu’ils effectuent « des choix informés » semble incompréhensible pour Henri Lourdelle, qui ne voit pas comment un salarié pourrait s’informer sur ces sujets.

Le Livre vert, publié le 7 juillet, marque le début d’une consultation publique sur la réforme des retraites à travers l’Europe qui durera jusqu’à mi-novembre.

Deux rapports parlementaires français

En France, deux rapports d’information parlementaire sur les systèmes de retraites européens  rédigés par Arnaud Robinet (UMP) et Valérie Rosso-Debord (UMP) arrivent à un constat similaire à celui de la Commission européenne sur le relèvement de l’âge de la retraite et rappellent que c’est la voie suivie par l’ensemble des États européens.

La réforme des retraites est d’autant plus nécessaire selon eux, que les États membres doivent revenir dans les clous du Pacte de stabilité et de croissance  : « le niveau actuel de l’endettement public de la majeure partie des États européens ne permet pas de remettre à plus tard les choix essentiels », explique Valérie Rosso-Debord.