Première ferme d'élevage de poulpes au monde : en Espagne, le projet coule à pic

L'entreprise affirme avoir abandonné ce projet, contesté par les écologistes, pour des raisons commerciales

EURACTIV.com
[Robert Cianflone/Getty Images]

Le projet de création de la première ferme d’élevage commerciale de poulpes au monde, dans les îles Canaries (Espagne), a été abandonné en raison de contraintes réglementaires, une décision saluée par les ONG comme une victoire pour le bien-être animal.

L’entreprise espagnole de produits de la mer Nueva Pescanova a renoncé à son projet de construction de cette installation dans le port de Las Palmas, ont rapporté jeudi les médias nationaux, citant une lettre envoyée par l’entreprise aux autorités locales.

Ce projet, annoncé pour la première fois en 2019, visait à élever jusqu’à un million de poulpes par an dans des bassins terrestres. Il a suscité une vive opposition de la part des associations environnementales, qui soutiennent depuis longtemps que l’« intelligence extraordinaire » et la nature solitaire des poulpes les rendent impropres à l’élevage.

Les militants craignaient également l’impact environnemental potentiel du projet, car les espèces carnivores telles que les poulpes dépendent de grandes quantités d’aliments à base de poisson.

« Les gouvernements doivent désormais aller plus loin en interdisant l’élevage de poulpes et en empêchant l’expansion de l’aquaculture carnivore », a déclaré Elena Lara, chargée de mission au sein de l’ONG Compassion in World Farming.

Malgré cette opposition, Nueva Pescanova a indiqué que la décision d’abandonner ses projets repose uniquement sur des « considérations commerciales et réglementaires ».

Les efforts de l’UE pour promouvoir l’aquaculture se heurtent à une certaine résistance

Les ONG ont encore un autre projet qui les préoccupe : un méga-élevage de saumon en France. Pure Salmon a récemment franchi un nouvel obstacle en vue de la construction d’un grand site aquacole dans le sud-ouest du pays, qui pourrait produire 10 000 tonnes de poisson par an et qui suscite des inquiétudes similaires.

Dans le même temps, Bruxelles renforce ses ambitions en matière d’aquaculture, considérée comme un moyen de réduire l’important déficit de l’UE en produits de la mer : environ 60 % du poisson consommé dans l’Union est importé.

Les responsables de la Commission soulignent également que la demande des consommateurs privilégie les espèces carnivores telles que le saumon et le poulpe.

(adm)