Liste de contrôle des exportations de la Chine : Rheinmetall dans le viseur

La décision de Pékin fait suite à l'ajout, par l'UE, de nouvelles entreprises chinoises sur ses listes noires, celles-ci étant accusées de soutenir la guerre menée par la Russie en Ukraine

EURACTIV.com
[Photo : VCG/VCG via Getty Images]

Vendredi, la Chine a ajouté le géant allemand de la défense Rheinmetall à sa liste de contrôle des exportations, aux côtés de 13 autres entités européennes fabriquant des produits à double usage.

Cette liste a été publiée par le ministère chinois du Commerce au lendemain de l’adoption par les ambassadeurs de l’UE d’un nouveau train de sanctions visant environ 250 nouvelles personnes et entités, dont 14 entreprises chinoises et hongkongaises accusées de soutenir la guerre menée par la Russie en Ukraine.

Selon le ministère, cette interdiction vise les exportations de produits à double usage vers les entreprises visées, ainsi que la fourniture, par des organisations et des particuliers étrangers, de produits à double usage provenant de Chine aux entités visées.

« Afin de préserver la sécurité nationale et les intérêts nationaux, et de respecter ses obligations internationales telles que la non-prolifération, la Chine a décidé d’inscrire 14 entités de l’UE, dont le groupe Lafert, sur sa liste de contrôle des exportations », a déclaré le ministère dans un communiqué.

Le fabricant d’armes allemand opère en Chine en tant que fournisseur industriel. Il a implanté sa première usine en Chine en 1997 en partenariat avec le fabricant chinois de systèmes automobiles HASCO, et dispose désormais de plusieurs sites à travers le pays.

La liste comprend également la société tchèque Tatra Trucks, qui fabrique des véhicules militaires, ainsi que le fabricant italien de moteurs électriques Lafert Group.

La Chine avait pris une mesure similaire en avril, après l’approbation par le Conseil de son précédent train de sanctions.

Le ministère du Commerce avait alors inscrit sept entreprises de défense de l’UE sur sa liste de contrôle des exportations, notamment les fabricants belges d’armes à feu Herstal et FN Browning, ainsi que l’allemand Hensoldt AG, invoquant des préoccupations similaires en matière de sécurité nationale et des engagements en faveur de la non-prolifération.

(at)