La Corne de l’Afrique a besoin d’1 milliard d’euros supplémentaires

La Somalie, l’Ethiopie, le Kenya, l’Ouganda et Djibouti comptent sur l’aide mondiale pour venir à bout de la famine. L’UE voudrait mobiliser plus de fonds, mais les négociations pietinent sur fond de guerre civile.

EURACTIV.fr
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La Somalie, l’Ethiopie, le Kenya, l’Ouganda et Djibouti comptent sur l’aide mondiale pour venir à bout de la famine. L’UE voudrait mobiliser plus de fonds, mais les négociations pietinent sur fond de guerre civile.

Près de 12 millions de personnes touchées, parmi lesquelles 500 000 enfants en danger de mort. Les chiffres de l’Unicef montrent l’urgence de la situation en Somalie, en Ethiopie, au Kenya, en Ouganda et à Djibouti. ONG et experts gouvernementaux ont déclenché le signal d’alerte. Ils ne parlent plus de crise alimentaire, mais bien de famine.

Le mot semble presque anachronique et pourtant « c’est un scandale de notre temps », selon l’expression du ministre français de l’Agriculture, dans une tribune du Monde, jeudi 21 juillet.

Les premières mesures d’urgence se mettent difficilement en place.

Sécheresse et guerre civile

Un avion de l’ONU s’est posé, mercredi 27 juillet au soir, dans la capitale somalienne de Mogadiscio, pour distribuer dix tonnes d’aliments thérapeutiques destinés aux enfants de moins de cinq ans. Les plus touchés par la sécheresse et la famine.

70 tonnes de nourriture supplémentaires  doivent arriver du Kenya dans les prochains jours. Le pays, et particulièrement le camp de Dadaab, accueille près de 10 000 Somaliens, fuyant la famine et la guerre civile.

Si la Corne de l’Afrique connaît la plus grande sécheresse depuis soixante ans (les dernières pluies remontent à 2008), le climat d’insécurité et de violence de ces derniers temps a sa part de responsabilité dans la situation actuelle. La Somalie est le pays le plus exposé à la violence, et celui où la famine est la plus sévère.

Depuis plusieurs années, certaines zones du pays restent inaccessibles aux ONG. Et les combats qui ont repris dans la capitale ne laissent rien présager de bon.

Les forces gouvernementales, soutenues par les troupes de l’Union Africaine, ont attaqué un bastion des combattants islamistes Shebab sur le marché Bakara de Mogadiscio. Ces affrontements ont d’ailleurs retardé la première livraison de denrées, en début de semaine.

Face aux tensions, les États européens ont pris la décision, jeudi 28 juillet, de prolonger pendant un an encore la mission militaire communautaire en Somalie. Les garnisons de l’EUTM Somalia, sont sur place depuis février 2010 et assurent la coordination de la sécurité civile interne, en collaboration avec la police locale.

Urgence?

Le sommet de la FAO (Food and Agriculture Organisation) convoqué en urgence, lundi 25 juillet à Rome, a provoqué la colère du monde associatif. La rencontre entre les ministres mondiaux de l’Agriculture devait donner le coup d’envoi de la mobilisation contre la famine.

Vox clamans in deserto. A l’issue des concertations, ni plan d’aide, ni somme prévisionnelle n’étaient sur la table.

La seconde rencontre, à Nairobi (Kenya), deux jours après Rome, avait donc des allures de dernière chance. Mais, une fois de plus, le rendez-vous a été manqué, la participation des États demeurant insuffisante.

1 milliards d’euros

Pourtant, depuis le début de la semaine, plusieurs donateurs se sont fait connaître. L’Union européenne a annoncé la mise à disposition de 27,8 millions d’euros, qui viendront s’ajouter aux 70 millions déjà affectés à la Corne de l’Afrique dans le budget communautaire 2011.

La commissaire européenne en charge de l’action humanitaire, Kristalina Georgieva, a par ailleurs annoncé la possible mobilisation d’une aide supplémentaire de 60 millions.

De son côté, la France a consenti à doubler ses efforts en déboursant 10 millions d’euros.

Au total, l’aide humanitaire mondiale avoisine les 1 milliards d’euros. Une somme très insuffisante. Le double est nécessaire avant la fin de l’année pour pouvoir enrayer le fléau.