La Hongrie lève son veto pour le renouvellement des sanctions contre la Russie

Lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères ce lundi, la Hongrie a levé son veto à l’extension de six mois des sanctions de l’Union européenne (UE) contre la Russie. Mais ce n’est peut-être pas la dernière fois qu’elle s’y oppose.

EURACTIV.com
NATO Ministers of Foreign Affairs Meet In Brussels
« La Hongrie a reçu les garanties qu’elle a demandées sur la sécurité énergétique de notre pays », a déclaré le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, dans un message sur les réseaux sociaux. [Omar Havana/Getty Images]

BRUXELLES — Lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères ce lundi, la Hongrie a levé son veto à l’extension de six mois des sanctions de l’Union européenne (UE) contre la Russie. Mais ce n’est peut-être pas la dernière fois qu’elle s’y oppose.

Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, l’UE a imposé 15 séries de sanctions à la Russie. Celles-ci comprennent des interdictions sectorielles sur le commerce, ainsi que des mesures qui gèlent les actifs de la banque centrale russe.

L’UE reconduit ses sanctions contre la Russie tous les six mois. En l’absence d’une nouvelle reconduction, les sanctions auraient expiré le 31 janvier à minuit, plongeant le continent dans l’inconnu.

La Hongrie avait menacé Bruxelles d’opposer son veto au renouvellement des sanctions de l’UE contre la Russie, si l’Union ne persuadait pas l’Ukraine de reprendre le transit du gaz russe vers l’Europe.

Kiev a en effet interrompu les flux de gaz russe vers l’Europe via le gazoduc Droujba depuis le 1er janvier. L’Ukraine a fait valoir que l’Europe avait déjà pris la décision d’abandonner le gaz russe et que cette décision la finalisait.

Budapest bloquait donc l’application des sanctions de l’UE depuis des semaines, demandant à Bruxelles de faire pression sur l’Ukraine pour reprendre le transit. Selon la déclaration consultée par Euractiv, l’UE a promis de poursuivre les discussions avec Kiev sur l’approvisionnement de l’Europe via son système de gazoducs.

« Dans ce contexte, la Commission est prête à associer la Hongrie au processus [avec la Slovaquie] », peut-on lire dans la déclaration.

Pour que la Hongrie cède, l’UE a également accepté de publier une déclaration commune, non contraignante, de la cheffe de la diplomatie Kaja Kallas et de la Commission européenne, visant à soutenir la sécurité énergétique de la Hongrie.

En retour, Budapest a soutenu l’extension des sanctions, ont indiqué à Euractiv des personnes proches du dossier.

« La Hongrie a reçu les garanties qu’elle a demandées sur la sécurité énergétique de notre pays », a déclaré le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, dans un message sur les réseaux sociaux.

Sans la levée du veto de la Hongrie, la reconduction des sanctions n’aurait pas été possible.

Pour certains diplomates européens toutefois, si l’UE l’a échappée belle cette fois-ci, la Hongrie pourrait utiliser la même tactique dans six mois, lorsque le régime de sanctions devra à nouveau être prolongé.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a en effet retardé à plusieurs reprises les décisions de l’UE portant sur les sanctions contre la Russie et sur l’aide à l’Ukraine. Ce dernier estime que les sanctions ont échoué, et causé un préjudice financier de 19 milliards d’euros à la Hongrie. Il n’a cependant pas fourni de preuves sur la manière dont ce chiffre a été calculé, et a toujours fini par approuver les mesures.

Budapest comptait sur le retour de Donald Trump à la Maison blanche pour recalibrer la position de l’Occident à l’égard de la Russie. Le nouveau président américain a cependant récemment averti qu’il imposerait de nouvelles sanctions à la Russie si Moscou ne mettait pas fin à sa guerre en Ukraine.

La veille de cette capitulation sur les sanctions, Peter Szijjártó s’est d’ailleurs entretenu par téléphone avec le nouveau secrétaire d’État américain, Marco Rubio.

Le ministre hongrois a déclaré la semaine dernière que Budapest consulterait l’administration Trump avant de décider d’accepter ou non de renouveler les sanctions de l’UE contre la Russie.

(AB)