La Lituanie se prépare à la présidence tournante du Conseil de l’UE
La Lituanie, le petit pays balte qui prendra la tête de la présidence tournante du Conseil de l’UE le 1er juillet, devra traiter des dossiers extrêmement lourds, comme l’adoption des 70 textes de loi nécessaires à la mise en œuvre du budget de l’UE pour les sept prochaines années et la préparation du sommet sur le Partenariat oriental, ont expliqué des diplomates à EURACTIV.
La Lituanie, le petit pays balte qui prendra la tête de la présidence tournante du Conseil de l’UE le 1er juillet, devra traiter des dossiers extrêmement lourds, comme l’adoption des 70 textes de loi nécessaires à la mise en œuvre du budget de l’UE pour les sept prochaines années et la préparation du sommet sur le Partenariat oriental, ont expliqué des diplomates à EURACTIV.
Le gouvernement lituanien a organisé une réunion conjointe avec la Commission européenne à Bruxelles hier (24 avril), afin d’adopter une position commune en amont de la première présidence du pays.
Aux côtés du premier ministre lituanien, Algirdas Butkevi?ius, le président de la Commission, José Manuel Barroso, a déclaré qu'il s'agirait d'« une période particulièrement difficile […] au Conseil et au Parlement européen » à l'approche des élections européennes en mai 2014.
Des diplomates ont déclaré à EURACTIV que le petit gouvernement de la Lituanie devra gérer un programme exceptionnellement chargé qui inclura également les « dossiers inachevés » des présidences précédentes.
La Lituanie, qui compte 3,2 millions d'habitants, sera suivie de la Grèce, un pays quatre fois plus grand, qui hérite d'une présidence en période électorale, lorsque moins de décisions sont prises.
Reste à savoir si la présidence irlandaise actuelle sera en mesure de clôturer le budget de l'UE pour 2014-2020 avant la fin de son mandat. Même dans un tel cas de figure optimiste, la Lituanie devra mener l'adoption en codécision d'environ 70 textes de loi qui visent à mettre en œuvre le budget de l'UE et à distribuer les financements européens.
M. Barroso a en outre indiqué que la Lituanie devrait appuyer la mise en œuvre du « pacte pour la croissance et l'emploi », convenu en juin 2012 sous la pression du président français, François Hollande, à peine réélu. Le président de l’exécutif européen a mentionné deux autres priorités : l'union bancaire, dont l'adoption de la proposition sur le mécanisme de résolution unique que la Commission présentera en juin, et l'impulsion en faveur de l'objectif d'achèvement du marché intérieur de l'énergie d'ici 2014.
Il partage l'avis de la Lituanie sur l'importance du sommet sur le Partenariat oriental, qui aura lieu à Vilnius les 28 et 29 novembre. S'il porte ses fruits, ce sommet pourrait marquer la signature d'un accord d'association avec l'Ukraine ainsi que le paraphe d’accords d’association avec l'Arménie, la Géorgie et la Moldavie.
« Une Europe crédible, croissante et ouverte »
Algirdas Butkevi?ius a déclaré que son pays avait l’ambition d’atteindre un consensus sur des thèmes difficiles et de prouver au monde que l'Europe reste « crédible, croissante et ouverte ».
M. Butkevi?ius est le président du Parti social-démocrate de Lituanie et le premier ministre du pays depuis décembre 2012 à la suite de longues négociations après les élections d'octobre de la même année. Il a abordé la nécessité de restaurer la confiance des marchés grâce au développement de l'économie et à la création d'emplois, mais également grâce à la stabilité budgétaire et à la viabilité économique.
EURACTIV a interrogé les deux dirigeants sur la petite possibilité accordée à l'Ukraine afin de répondre à une série de conditions à la signature de son accord d'association. Le sommet entre l'UE et l'Ukraine organisé en février a en effet accordé à Kiev jusqu'en mai afin de réaliser des « progrès tangibles » dans le domaine de la « justice sélective », une référence à l'emprisonnement de l'ancienne première ministre Ioulia Timochenko. L'échéance s'applique également aux lacunes démocratiques qui découlent des élections nationales d'octobre 2012 et aux avancées en matière de réformes judiciaires.
M. Barroso a répondu que la Commission et la Lituanie préparaient déjà le sommet de Vilnius.
Il a déclaré qu'il accordait « la plus haute importance » aux relations entre l'UE et l'Ukraine, mais a souligné que le résultat dépendait principalement des autorités ukrainiennes elles-mêmes. Il a ajouté que l'UE utiliserait l'occasion « pour demander à l'Ukraine de faire preuve d'un engagement réel dans la mise en œuvre des réformes, de prouver que nous pouvons compter sur elle en tant que partenaire important, de telle sorte que nous puissions atteindre l'objectif que nous avons fixé pour le sommet de Vilnius ».
M. Butkevi?ius a indiqué qu'il espérait que l'accord d'association de l'Ukraine serait signé le 28 ou le 29 novembre.
Selon des diplomates, même dans le cas de figure le plus optimiste où tous les documents sont signés ou paraphés, le succès réel du sommet de Vilnius dépendra de la capacité de l'UE à proposer une perspective d'intégration avec les pays concernés.