La planète pourrait se réchauffer de 4°C

  D’après le responsable européen des négociations climatiques, la planète devrait subir un réchauffement climatique d’environ 4°C, si la tendance reste inchangée au niveau des émissions de carbone. Un tel réchauffement pourrait mener à une extinction de masse à l’échelle planétaire, assurent certains scientifiques.

EURACTIV.com
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D’après le responsable européen des négociations climatiques, la planète devrait subir un réchauffement climatique d’environ 4°C, si la tendance reste inchangée au niveau des émissions de carbone. Un tel réchauffement pourrait mener à une extinction de masse à l’échelle planétaire, assurent certains scientifiques.

« Au vu des émissions mondiales et des engagements actuels […] je pense que nous nous dirigeons vers [un réchauffement de] 3,8° à 4,2° », a déclaré Artur Runge-Metzger lors d'une table ronde de l'Institut français des relations internationales, qui s'est déroulée le 14 mars à Bruxelles.

Le fonctionnaire européen s'est ensuite adressé aux Américains et aux Japonais présents : « Êtes-vous prêts à expliquer à vos industries et à vos citoyens quelles sont les implications d'un réchauffement de 4° ? Avez-vous établi des estimations des coûts qui devront être assumés par le secteur public et les ménages ? »

Le Japon a refusé de s'engager pour une seconde série d'engagements dans le cadre du protocole de Kyoto, un traité que les États-Unis n'ont toujours pas ratifié.

Le fonctionnaire japonais en charge du commerce, Jun Arima, a fait part de ses « sérieux doutes » quant au fait que les engagements actuels suffiraient pour limiter le réchauffement à 2°, l'objectif officiel de la Convention-cadre de l'ONU sur le changement climatique. 

Le responsable climatique de la mission américaine auprès de l'UE, Dale Eppler, a déclaré qu'il n'avait eu connaissance d'aucune étude indiquant l'impact potentiel d'une augmentation des températures de 4° sur la population américaine.

« [Les États-Unis] font preuve d'une grande réticence face à la mise en œuvre d'une politique climatique », a-t-il expliqué. « Certains membres du Congrès ont même bloqué des mesures visant à mettre sur pied un service pour le climat. »

Un risque majeur

Selon un rapport de la Royal Society publié l'année dernière, un réchauffement planétaire de 4° ou plus pourrait voir l'adaptation de l'Homme et de l'environnement « atteindre ses limites dans de nombreuses parties du monde ». 

La Royal Society, basée à Londres, estime dans ce rapport qu'avec un réchauffement de 4°, la moitié des terres agricoles du monde deviendrait inexploitable, le niveau des mers monterait de deux mètres et près de 40 % des espèces terrestres viendraient à disparaître. 

La planète serait également ravagée par la sécheresse et des incendies.  

« Les écosystèmes dont l'Homme dépend ne seraient pas préservés », peut-on lire dans ce rapport.

« J'aimerai savoir ce que les États-Unis et le Japon comptent proposer lors des négociations de cette année, dans le but d'au moins commencer à réduire cet écart [entre 2° et 4 °] », a affirmé M. Runge-Metzger.

Révolution du gaz de schiste

Il craint également que si les États-Unis atteignent l'autosuffisance en carburants fossiles d'ici 2030 (grâce à ce que les observateurs appellent « la révolution du gaz de schiste »), cela ne permette pas de réduire les émissions assez rapidement.

« En termes d'exigences du secteur énergétique (pour l'Europe, il s'agit de la décarbonisation totale d'ici 2050), passer simplement du charbon au gaz ne sera sans doute pas suffisant », a-t-il déploré. « Comment gérer, à moyen terme, les émissions issues des carburants fossiles lourds, même dans une économie basée sur le gaz ? »

L'attaché américain a reconnu que la transition vers le gaz de schiste « permettrait d'obtenir une réduction des émissions, mais [que] celle-ci ne serait pas suffisante ».

M. Eppler a toutefois évoqué des articles « extrêmement positifs » dans la presse concernant ce qu'il appelle la première application à l'échelle commerciale de la technique du captage et du stockage du dioxyde de carbone (CSC), prévue dans une centrale électrique du Texas.

Le CSC est une technique expérimentale qui, selon ses partisans, permettra de réduire les émissions de dioxyde de carbone en les captant et en les stockant avant qu'elles ne soient libérées dans l'atmosphère.  

La construction de cette infrastructure au Texas devrait débuter l'année prochaine.