Le Groupe de Visegrad cherche un terrain d’entente sur l’Ukraine et les migrations

Les dirigeants des quatre pays du Groupe de Visegrad ont reconnu l’importance de la coopération et ont cherché une position commune sur les questions relatives à l’Ukraine et aux migrations lors d’une réunion jeudi à Košice, en Slovaquie.

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Visegrad Group summit in Kosice
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, le Premier ministre tchèque Petr Fiala, le Premier ministre slovaque Eduard Heger et le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki lors d'une conférence de presse après le sommet du groupe de Visegrad (V4) à Kosice, en Slovaquie, le 24 novembre 2022 [EPA-EFE/Leszek Szymanski]

Les dirigeants des quatre pays du Groupe de Visegrad (V4) ont reconnu l’importance de la coopération et ont cherché une position commune sur les questions relatives à l’Ukraine et aux migrations lors d’une réunion jeudi à Košice, en Slovaquie.

Les Premiers ministres de la République tchèque, de la Slovaquie, de la Hongrie et de la Pologne ont tenu jeudi le premier sommet du V4 depuis plus de six mois. Ce sommet pourrait bien déterminer si le V4 a un avenir au vu des relations difficiles avec la Hongrie.

« Il est clair que la Hongrie a des opinions différentes et qu’elle les a exprimées très fermement », a déclaré Petr Fiala, qui se montre moins critique envers Budapest que certains autres membres du gouvernement tchèque, lors de la réunion.

Concernant l’unité de l’UE au sujet de l’Ukraine, M. Fiala a déclaré que « nous ferons tout notre possible pour la maintenir », car elle constitue une arme importante contre la Russie.

Pour ce qui est de l’unité au sein du Groupe de Visegrad, le Premier ministre slovaque Eduard Heger a souligné que tous les pays du groupe « reconnaissent l’importance du format V4 étant donné les liens qui unissent les pays », notamment en ce qui concerne la coopération en matière de défense et d’énergie.

De son côté, le Polonais Mateusz Morawiecki a reconnu les différences entre les membres du V4 observées ces derniers mois, mais a insisté sur le fait que la réunion a servi à discuter des questions qui les unissent — ce qui, selon lui, « est déjà devenu un élément important de l’architecture de sécurité européenne » — plutôt que de les diviser.

Il a notamment évoqué la nécessité de coopérer face à une nouvelle vague potentielle de réfugiés en provenance d’Ukraine. Il a également ajouté que les membres du Groupe de Visegrad ont demandé à la Commission européenne de « prendre des mesures préventives immédiates » et d’aider les États membres qui acceptent le plus de réfugiés.

Lors de sa visite à Helsinki la semaine dernière, M. Morawiecki a promis à la Première ministre finlandaise Sanna Marin qu’il discuterait avec le Hongrois Viktor Orbán de la ratification en cours par Budapest de la candidature finlandaise et suédoise à l’OTAN. Il a déclaré qu’il était d’accord avec M. Orbán pour que la Hongrie ratifie l’adhésion à l’OTAN des deux pays au début de 2023.

Au cours de la conférence de presse qui a suivi la rencontre, le Premier ministre hongrois a confirmé que le parlement des pays votera l’adhésion des deux pays nordiques à l’alliance transatlantique lors de sa première session de printemps l’année prochaine.

M. Orbán a également réaffirmé que la nécessité de stopper l’arrivée de migrants en provenance du sud est également une lourde charge pour la Hongrie.

La semaine dernière, la Serbie, la Hongrie et l’Autriche ont signé un protocole d’accord sur la manière d’empêcher l’entrée des migrants dans le bloc depuis les frontières extérieures de l’UE.

M. Orbán a déclaré que cette alliance tripartite tentera à l’avenir d’arrêter les migrants à la frontière entre la Macédoine et la Serbie et qu’il a demandé des fonds à ses collègues du V4 à cette fin.

« J’ai reçu une réponse positive, donc lors de la prochaine réunion tripartite à Vienne, je proposerai au président serbe et au chancelier autrichien d’accepter les offres faites par la République tchèque, la Slovaquie et la Pologne pour protéger nos frontières méridionales », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux, rapporte Telex, média partenaire d’EURACTIV.

Le V4 en difficulté a essuyé un autre revers la semaine dernière après que la réunion des dirigeants du V4 de ce vendredi a été annulée par les hôtes slovaques après que la présidente de la Chambre tchèque Markéta Pekarová Adamová et le président du Sénat tchèque Miloš Vystrčil ont refusé de s’asseoir à la même table que la Hongrie.

Ce refus intervient après que la Slovaquie, qui assure actuellement la présidence tournante du groupe régional, a été contrainte, fin mars, d’annuler la réunion des ministres de la Défense du V4 après le retrait de la Pologne et de la République tchèque.

Par ailleurs M. Orbán a également été vivement critiqué par de hauts responsables slovaques pour avoir porté, lors d’un match de football, une écharpe sur laquelle figurait la carte historique de la Grande Hongrie.

Lorsqu’on lui a demandé pourquoi il avait pris une photo avec cette écharpe, M. Orbán a simplement répondu : « Détendez-vous. La politique est la politique, le football est le football ». En réponse, M. Heger a offert à M. Orbán une nouvelle écharpe avec le symbole national slovaque lors du sommet de jeudi.

Le Premier ministre hongrois est également en désaccord avec d’autres dirigeants de l’UE en ce qui concerne sa position face à la guerre menée par la Russie en Ukraine puisqu’il maintient ses liens politiques et économiques avec Moscou.