Le Parlement soutient le jour de commémoration du totalitarisme [FR]
Le Parlement européen a officiellement appelé hier (2 avril) à la création d’une journée européenne de commémoration des victimes des crimes commis par les régimes nazis et communistes au XXème, le 23 août.
Le Parlement européen a officiellement appelé hier (2 avril) à la création d’une journée européenne de commémoration des victimes des crimes commis par les régimes nazis et communistes au XXème, le 23 août.
Le Parlement a demandé à ce que le 23 août soit proclamé « Journée européenne du souvenir » pour la commémoration, avec dignité et impartialité, des victimes de tous les régimes totalitaires et autoritaires.
Les eurodéputés ont adopté un projet de résolution proposé le mois dernier par un groupe d’eurodéputés de centre-droit (groupe PPE-DE) composé de Tunne Kelam (Estonie), Jana Hybáškova (République tchèque) et József Szájer (Hongrie) (EURACTIV 31/03/09).
La résolution souligne l’importance qu’il importe d’entretenir le souvenir du passé, parce qu’il ne peut y avoir de réconciliation sans vérité ni œuvre de mémoire, tandis que l’assemblée européenne a réaffirmé son rejet unanime de tout pouvoir totalitaire, quel que soit son cadre idéologique.
Un appel pour un accès facilité aux archives
Le Parlement a regretté que vingt ans après l’effondrement des dictatures communistes en Europe centrale et orientale, l’accès aux documents à des fins personnelles ou de recherche scientifique soit toujours abusivement limité dans certains États membres, ont déclaré les eurodéputés.
En effet, de précédents efforts pour mettre en évidence l’identité et l’histoire communes des Européens ont été mis en échec par des motifs politiques ou religieux (voir EURACTIV LinksDossier sur les valeurs et l’identité européennes), avec des réflexions sur le passé communiste de l’Europe, un point particulièrement sensible pour la gauche dans les nouveaux Etats membres.
La résolution appelle les gouvernements dans la région à faire un « effort sincère » pour ouvrir leurs archives, celles des anciens services de sécurité intérieure, de police secrète et de renseignement. Néanmoins, les eurodéputés ont prévenu que des « mesures doivent être prises pour veiller à ce que ce processus ne soit pas utilisé abusivement à des fins politiques ».
L’Holocauste est unique
Le Parlement a souligné qu’en dépit du fait « qu’au cours du XXe siècle, des millions de victimes ont été déportées, incarcérées, torturées et assassinées en Europe par des régimes totalitaires et autoritaires », « le caractère unique de l’Holocauste doit cependant être reconnu ».
Il existe déjà une journée internationale de commémoration pour les victime de l’Holocauste nazi, le 27 janvier. Mais les eurodéputés veulent aller plus loin, en créant une plateforme de la mémoire et de la conscience européenne « qui appuierait la mise en réseau et la coopération des instituts nationaux de recherche historique spécialisés dans le totalitarisme ».
La résolution appelle également à la création d’un centre paneuropéen de documentation, qui serait aussi un mémorial des victimes de tous les régimes totalitaires.
Le Parlement a proposé que les instruments financiers existants visant à commémorer les victimes du nazisme et du stalinisme pourraient être renforcés en vue de fournir un soutien à de telles initiatives.
La République tchèque accueillera en juin une conférence internationale majeure sur le sort des biens des victimes de l’Holocauste.