Le sommet de Samarkand permet à l'UE d'approfondir ses relations stratégiques avec l'Asie centrale

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Ursula von der Leyen rencontre le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokayev.

Samarkand a été le théâtre de ce que l’Union européenne appelle « un nouveau chapitre » de ses relations stratégiques avec l’Asie centrale.

Ce message a été transmis par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, António Costa, qui participaient au tout premier sommet UE-Asie centrale organisé en Ouzbékistan.

Changement stratégique

En lançant un partenariat stratégique avec l’Asie centrale qui favorisera la croissance, la connectivité et la prospérité partagée pour les générations à venir, Mme von der Leyen a présenté quatre domaines principaux de collaboration : les transports, les matières premières, l’énergie propre et la connectivité numérique.

Saluant le rôle géographique de l’Asie centrale en tant que porte d’entrée mondiale, elle a également annoncé d’importants investissements de l’UE dans la région.

En plus de l’injection de 10 milliards d’euros promise l’année dernière dans le corridor de transport transcaspien (TITR) pour renforcer le commerce et réduire les temps de trajet, Mme von der Leyen a annoncé un ensemble d’investissements de 12 milliards d’euros pour la porte d’entrée mondiale, preuve de l’engagement de l’UE.

Protéger le multilatéralisme

Costa a souligné que la sécurité était une priorité absolue, les menaces étant de plus en plus transnationales. Il a fait l’éloge des collaborations existantes entre l’UE et l’Asie centrale en matière de contrôle des frontières, de prévention de la toxicomanie et de lutte contre le terrorisme, et s’est félicité de l’instauration d’un nouveau dialogue sur la lutte contre l’extrémisme violent.

Face au danger croissant de la désinformation, M. Costa a réaffirmé le soutien de l’UE au renforcement de la résilience régionale. Il a condamné la guerre menée par la Russie en Ukraine et a exhorté la communauté internationale à rester unie pour soutenir une paix juste et durable.

Selon M. Costa, le sommet illustre la capacité de la coopération régionale fondée sur la confiance à contribuer à la stabilité mondiale. Il a réaffirmé l’engagement de l’UE en faveur d’un partenariat solide et tourné vers l’avenir avec l’Asie centrale.

Plus que des ressources

Les deux dirigeants ont mis l’accent sur les personnes et les valeurs, soulignant l’intention de l’Europe de ne pas se contenter d’extraire des ressources, mais d’aider l’Asie centrale à développer des industries locales, en veillant à ce que la valeur ajoutée reste dans la région, contrairement à d’autres acteurs mondiaux qui « exploitent » la région.

Mme Von der Leyen et M. Costa ont souligné que l’UE soutenait également l’action en faveur du climat par l’intermédiaire de grands projets susceptibles d’aider ces pays à réaliser leur potentiel en devenant des centres d’énergie renouvelable.

Malgré les progrès récents réalisés dans des cadres tels que la stratégie de l’UE pour l’Asie centrale, le partenariat dispose encore d’un potentiel inexploité, et la collaboration peut être étendue à des domaines tels que la technologie numérique et la connectivité.

Tokayev a rencontré Mme von der Leyen et M. Costa

En marge du sommet, Mme von der Leyen et M. Costa ont tenu des réunions séparées avec les présidents de la région, notamment Kassym-Jomart Tokayev, du Kazakhstan, dont le pays cherche à renforcer ses liens commerciaux avec les différents États membres ainsi qu’au niveau de l’UE.

Avec Mme von der Leyen, M. Tokayev a discuté des possibilités d’étendre la collaboration dans des domaines tels que l’économie, la numérisation et l’innovation, l’accord de partenariat et de coopération renforcé demeurant l’épine dorsale de l’engagement entre le Kazakhstan et l’UE.

De son côté, M. Tokayev a évoqué avec M. Costa les moyens d’approfondir et d’élargir la coopération stratégique dans divers secteurs de l’économie. Ils ont souligné l’importance d’un développement dynamique du partenariat, fondé sur la confiance et les intérêts mutuels.

L’UE est le premier partenaire commercial et investisseur étranger du Kazakhstan, contribuant à plus de 40 % du total des investissements directs étrangers (IDE) du pays. L’année dernière, les échanges commerciaux entre les deux parties ont atteint près de 50 milliards de dollars.

Selon M. Tokayev, il existe au moins quatre autres domaines dans lesquels le Kazakhstan a le potentiel d’approfondir sa coopération avec l’Europe, notamment l’énergie, les infrastructures, l’innovation numérique et l’intelligence artificielle.

Investir dans l’avenir

Dans un contexte de fragmentation géopolitique, d’évolution des blocs de pouvoir et d’érosion des normes multilatérales, les dirigeants européens ont reconnu que l’Asie centrale offrait un modèle différent : une région souveraine, ambitieuse et ouverte à la coopération.

Avec le sommet de Samarkand, l’UE a envoyé un message politique clair : elle ne considère pas les nations d’Asie centrale comme des points de transit passifs ou des zones de ressources, mais comme des partenaires actifs dans l’élaboration d’un ordre mondial plus stable et plus coopératif.

L’UE ne se contente pas d’engager l’Asie centrale, elle mise sur elle.