Leader musulman au Parlement européen : pas de conflit des cultures [FR]

Le Grand Mufti de Syrie a déclaré hier aux eurodéputés qu’il ne croyait pas au conflit des cultures, car nous construisons tous une culture. Il est le premier leader religieux à s’adresser au Parlement à l’occasion de l’Année européenne du dialogue interculturel.

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Le Grand Mufti de Syrie a déclaré hier aux eurodéputés qu’il ne croyait pas au conflit des cultures, car nous construisons tous une culture. Il est le premier leader religieux à s’adresser au Parlement à l’occasion de l’Année européenne du dialogue interculturel.

Hier, le 15 janvier, lors de la session plénière du Parlement à Strasbourg, le Grand Mufti de Syrie, Ahmad Badr Al-Din Hassoun, a déclaré que ce qui était perçu comme des chocs de civilisation étaient plutôt des conflits liés à « l’ignorance et au terrorisme ».

Il a souligné que même si la religion « donne à la civilisation une morale et des valeurs », nous construisons nous-même notre civilisation, affirmant que nous devons construire des Etats sur une base civique plutôt que religieuse. De plus, il a déclaré qu’il n’existait rien de tel qu’une guerre sainte.

Le dialogue interculturel émerge rapidement comme le thème central de l’Année européenne du dialogue interculturel. La semaine dernière, les eurodéputés et le rapporteur de l’AEDI, Erna Hennicot-Schoepges, ont fait savoir que le Parlement pourrait accueillir un forum sur la question avant la fin de l’année.

Néanmoins, lors d’une audience parlementaire du 10 janvier, Mme Hennicot-Schoepges a déclaré qu’à l’origine, le Conseil et la Commission s’étaient montré hésitants à promouvoir le dialogue interculturel dans le cadre de l’AEDI, privilégiant le terme « croyance ».

Une Charte pour les musulmans d’Europe

Parallèlement, près de 400 groupes musulmans ont signé une charte le 10 janvier dernier, revendiquant leurs droits et leurs responsabilités dans la société européenne.

La charte contient 26 points, dont des clauses destinées à dissoudre le mythe selon lequel il existe un lien entre l’Islam et la violence et visant à clarifier le terme « djihad ».

Ibrahim Elzayat de la Fédération des organisations islamiques en Europe, qui a coordonné la compilation de la charte suite au lancement du projet en 2000, a décrit la signature comme étant un message au gouvernement et au reste de la société destiné aux musulmans en Europe.

Dans une autre initiative, un projet de l’ONU destiné à lutter contre le terrorisme en encourageant la compréhension entre les cultures, notamment entre le monde occidental et le monde musulman, a débuté son premier forum hier à Madrid.

L’initiative « Alliance des Civilisations  », en partenariat avec la Turquie et adoptée par l’ONU en 2005, avait été proposée par le Premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero au lendemain des attentats de Madrid en 2004.