Les États-Unis devraient attendre des « mesures concrètes » de la Russie avant d'alléger les sanctions, selon l'Ukraine

Selon l'Ukraine, les États-Unis devraient attendre des « mesures concrètes » de la part de la Russie avant de lever les sanctions. Des récents rapports indiquent pourtant que Donald Trump pourrait assouplir les mesures restrictives à l'encontre de Moscou.

EURACTIV.com
President Trump And President Putin Hold A Joint Press Conference After Summit
Donald Trump et Vladimir Poutine lors d'une conférence de presse conjointe le 16 juillet 2018 à Helsinki, en Finlande. [(Chris McGrath/Getty Images)]

Selon un haut fonctionnaire ukrainien, les États-Unis devraient attendre des « mesures concrètes » de la part de la Russie avant de lever les sanctions. Des récents rapports indiquent pourtant que Donald Trump pourrait assouplir les mesures restrictives à l’encontre de Moscou avant de poursuivre les pourparlers visant à mettre fin à la guerre en Ukraine.

Vladyslav Vlasiuk, conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky sur la politique de sanctions, a récemment expliqué que les récentes « discussions sur l’assouplissement des sanctions étaient attendues, car les sanctions ne sont pas une punition, mais un moyen de pression ».

« La bonne approche serait de voir d’abord des mesures concrètes de la part de l’agresseur », a ajouté l’intéressé. « Il n’est pas possible d’alléger les sanctions à l’avance tout en faisant confiance à la bonne volonté de la Russie.»

Les commentaires de Vladyslav Vlasiuk font suite à un rapport de Reuters publié lundi, dans lequel la Maison-Blanche missionne des fonctionnaires du département d’État et du département du Trésor d’élaborer des plans pour lever les sanctions contre la Russie, dont la plupart ont été imposées à la suite de l’invasion de l’Ukraine en février 2022.

Le rapport, qui cite un fonctionnaire américain et une personne familière de la question, indique que le plan comprend des propositions visant à assouplir les mesures restrictives imposées aux citoyens et aux entreprises russes.

En janvier pourtant, Donald Trump avait menacé d’instaurer de nouvelles sanctions à l’encontre de Moscou si un « accord » pour mettre fin à la guerre n’était pas conclu « rapidement ».

Toutefois, à la suite d’un appel téléphonique avec le président russe Vladimir Poutine courant février, le président américain ainsi que d’autres hauts responsables de la Maison-Blanche ont indiqué à plusieurs reprises que les sanctions pourraient être assouplies si des progrès étaient réalisés en vue d’un accord de paix.

Les responsables américains et russes se sont rencontrés à deux reprises le mois dernier, à Riyad et à Istanbul, pour discuter de la fin de la guerre en Ukraine.

Dmitri Peskov, porte-parole de Vladimir Poutine, a également déclaré mardi que la Russie devait être « libérée » des sanctions pour que les relations entre Moscou et Washington soient « normalisées », selon l’agence de presse publique russe TASS.

Dmitri Peskov a expliqué que le Kremlin n’avait « entendu aucune déclaration officielle » de la Maison-Blanche concernant un éventuel allègement des sanctions et a admis que de telles discussions à l’heure actuelle étaient « probablement prématurées ».

Le réchauffement des relations entre Washington et Moscou intervient alors que Donald Trump se montre de plus en plus critique à l’égard de son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, qu’il a accusé de « jouer avec la Troisième Guerre mondiale » lors d’un échange tumultueux dans le bureau ovale vendredi dernier.

Les États-Unis ont par ailleurs réduit leur aide militaire à l’Ukraine lundi en fin de journée, tandis que le président ukrainien s’est abstenu jusqu’à présent de signer un accord qui favoriserait l’accès des États-Unis aux minerais rares de son pays.

L’Union européenne a quant à elle adopté le mois dernier une seizième série de sanctions à l’encontre de Moscou, et les responsables européens ont promis à plusieurs reprises de maintenir une politique de sanctions « indépendante ».

Les diplomates de l’UE à Bruxelles se réuniront mercredi pour discuter des relations entre l’Union et les États-Unis, avant un sommet spécial des dirigeants européens sur l’Ukraine et la politique de défense prévu jeudi.

(sn)