L’UE planche sur un projet de mission de formation militaire en Ukraine
Les ministres de la Défense de l’UE ont approuvé, mardi (30 août), le lancement des préparatifs en vue de la mise en place d’une mission de formation militaire de l’UE pour les forces ukrainiennes.
Les ministres de la Défense de l’Union européenne ont approuvé, mardi (30 août), le lancement des préparatifs en vue de la mise en place d’une mission de formation militaire de l’UE pour les forces ukrainiennes, une mission qui viendrait compléter les efforts déjà mis en place par les différents États membres du bloc.
« Tous les États membres sont clairement d’accord sur ce point et sur le lancement des travaux nécessaires pour définir les paramètres d’une mission d’assistance militaire de l’UE pour l’Ukraine », a annoncé le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, aux journalistes après une réunion informelle à Prague.
Étant donné que la réunion n’était pas censée déboucher sur des décisions mais plutôt sur un feu vert politique, les ministres ont convenu que les travaux « préparatoires » devaient être entamés.
L’automne dernier déjà, l’UE aurait envisagé un programme de formation indépendant appelé « Mission de conseil et de formation militaire de l’UE en Ukraine » (EU Military Advisory and Training Mission Ukraine, EUATM).
Ces dernières semaines, plusieurs États membres du bloc ont assuré la formation individuelle des forces ukrainiennes, principalement pour leur apprendre à utiliser les armes qu’ils ont eux-mêmes fournies à ce pays déchiré par la guerre.
Selon des sources européennes, les ministres ukrainiens des Affaires étrangères et de la Défense ont demandé la mise en place d’un programme de formation dans une lettre adressée à M. Borrell l’été dernier et le service diplomatique de l’UE a élaboré plusieurs options.
En février, peu avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les ministres de l’UE ont conclu un accord préliminaire pour organiser une telle mission de formation militaire dans le pays, mais depuis lors, les progrès ont été entravés par des obstacles sur le terrain.
Interrogé sur la valeur ajoutée d’une mission dirigée par l’UE par rapport aux initiatives de formation des États membres actuellement en cours, M. Borrell a répondu que certains domaines « pourraient être mieux couverts par la mise en commun des capacités ».
« De nombreuses initiatives de formation sont en cours, mais les besoins sont considérables, et nous devons assurer la cohérence de ces efforts », a-t-il déclaré.
« Nous devons mettre en place les bases d’une armée qui doit se battre et qui devra se battre pendant longtemps », a-t-il poursuivi.
Le ministre ukrainien de la Défense, Oleksii Reznikov, qui a rejoint ses homologues européens par vidéoconférence, a présenté une liste d’activités de formation dont les forces armées de son pays auraient besoin à court, moyen et long terme, a indiqué M. Borrell.
Selon un document interne du service diplomatique de l’UE, qu’EURACTIV a pu consulter, la mission « pourrait s’appuyer sur les initiatives de formation des États membres de l’UE déjà en cours et contribuer à soutenir et coordonner ces efforts ».
Les tâches répertoriées dans la note de la mission pourraient inclure des formations spécialisées en aide médicale, en déminage, des formations pour les tireurs d’élite et les forces d’élite, des formations d’état-major, de sous-officiers et d’autres grades.
Les Pays-Bas ont déjà annoncé qu’ils travaillaient à l’organisation d’une formation au déminage avec l’Allemagne.
Le document précise qu’une fois le concept approuvé par les États membres, la date de début de la mission « pourrait être envisagée fin septembre/début octobre ».
Toutefois, l’Autriche, la Hongrie et l’Italie, en particulier, ont émis quelques réserves à l’égard d’une mission dirigée par l’UE. En effet, selon certains observateurs, une telle mission pourrait en réalité se limiter à coordonner les efforts de formation nationaux déjà en cours.
Cette décision intervient également après que des données de l’Institut Kiel pour l’économie mondiale, publiées au début du mois, ont suggéré que le soutien militaire de l’Europe à l’Ukraine a diminué depuis avril.
M. Borrell a toutefois rejeté ces conclusions, affirmant qu’au cours de l’été, « il y a eu un flux continu d’aide militaire à l’Ukraine ».
« Elle n’a pas diminué mais plutôt augmenté : c’est ce que nous disent les données fournies par l’Agence européenne de défense », a-t-il déclaré.
Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie qui a débuté le 24 février, l’UE a mobilisé 2,5 milliards d’euros pour financer la livraison d’équipements militaires à l’Ukraine par le biais de la Facilité européenne pour la paix (FEP).