Martin Schulz : L'échec de l'UE est un « scénario réaliste »
L'échec de l'Union européenne est un « scénario réaliste », dans la mesure où les Etats membres réclament plus de pouvoir, où la montée de la xénophobie est une réalité et où certains souhaitent la réintroduction des contrôles aux frontières, a déclaré le président du Parlement européen, Martin Schulz.
L'échec de l'Union européenne est un « scénario réaliste », dans la mesure où les Etats membres réclament plus de pouvoir, où la montée de la xénophobie est une réalité et où certains souhaitent la réintroduction des contrôles aux frontières, a déclaré le président du Parlement européen, Martin Schulz.
« On observe depuis quelques mois une tendance préoccupante à la renationalisation et à une remontée des dossiers vers le sommet : les chefs d'État ou de gouvernement accaparent de plus en plus de décisions, délibèrent et décident dans le secret de petits comités, loin de l'opinion et au mépris de la méthode communautaire », a déploré M. Schulz.
S'exprimant devant le collège des commissaires, il a souligné la nécessité de renforcer la coopération entre la Commission et le Parlement. « [C'est] un signe important que nous défendons résolument la méthode communautaire », a-t-il expliqué.
M. Schulz a déploré le fait que la récente crise avait accéléré la création de zones déparlementarisées. « À travers le pacte budgétaire, on a tenté de créer une Union budgétaire échappant au contrôle de la représentation populaire et contournant la Commission », a-t-il affirmé.
« Ensemble, nous pourrons faire front à la tendance à la renationalisation et à la remontée des dossiers vers le sommet. La semaine dernière, la demande franco-allemande réitérée de rétablissement des contrôles aux frontières a montré combien cette évolution est dangereuse : qui porte atteinte à la libre circulation sape les fondements de l'Union européenne », a-t-il expliqué aux commissaires.
M. Schulz a prononcé ces mots alors que la zone euro est secouée par une grave crise de la dette et que l'Union des Vingt-Sept est divisée sur la question de l'espace Schengen et des contrôles aux frontières.
Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a relayé les préoccupations de M. Schulz lorsqu'il a dénoncé, en Roumanie, les « vents du populisme » qui menacent la libre circulation des personnes dans l'espace Schengen, l'une des grandes réalisations de l'UE.
Les inquiétudes liées à cette montée du populisme à l'échelle européenne ont pris de l'ampleur lorsque la dirigeante du Front national en France, Marine Le Pen, a récolté un nombre record de votes lors du premier tour des élections présidentielles de son pays, dimanche dernier. En effet, 17,9 % des électeurs français ont voté pour la candidate d'extrême droite.