Olaf Scholz se rend à Kiev et à Moscou pour empêcher une guerre en Europe
Le chancelier allemand Olaf Scholz se rendra lundi et mardi (14 et 15 février) à Kiev et à Moscou pour tenter d’empêcher le déclenchement d’une guerre en Ukraine et ramener la Russie à la table des négociations.
Alors que le conflit en Ukraine atteint une phase décisive, le chancelier allemand Olaf Scholz se rendra lundi et mardi (14 et 15 février) à Kiev et à Moscou pour tenter d’empêcher le déclenchement d’une guerre en Ukraine et ramener la Russie à la table des négociations.
La situation à la frontière russo-ukrainienne serait sur le point d’atteindre son paroxysme. Des responsables américains ont déclaré vendredi que la guerre est « imminente » et pourrait commencer dès mercredi, soit le lendemain de la visite de M. Scholz au Kremlin.
« Personne ne sait ce qui se passera mercredi », a confié aux journalistes un haut responsable du gouvernement allemand dimanche. « Ce que je peux vous promettre, c’est que mercredi, nos efforts diplomatiques et ceux de nos partenaires se poursuivront certainement sans relâche et de manière intensive », a-t-il ajouté.
Si, selon des sources gouvernementales, Berlin ne s’attend pas à ce que cette visite donne des résultats immédiats ni à ce qu’elle permette de retourner la situation, M. Scholz espère que la poursuite des efforts diplomatiques pourra empêcher une nouvelle escalade.
« Il est de notre devoir de nous assurer que nous empêchons toute guerre en Europe », a souligné le chancelier dans un discours prononcé devant le Conseil fédéral vendredi.
Cependant, la sonnette d’alarme retentit déjà à Berlin. Après l’avertissement du gouvernement américain, l’Allemagne a demandé samedi à ses citoyens présents en Ukraine de quitter le pays dès que possible et a annoncé qu’elle allait transférer la plupart du personnel de ses ambassades hors du pays.
Si le gouvernement allemand est « conscient que de telles mesures pourraient être perçues comme des signaux d’alarme », cette décision est fondée sur des considérations de sécurité et non sur des considérations politiques, ont indiqué des sources gouvernementales.
Adhésion à l’OTAN et soutien à l’Ukraine
Si M. Scholz mise sur une approche diplomatique pour désamorcer la situation, il existe certaines lignes rouges dans les négociations, l’une d’entre elles étant la question de l’adhésion à l’OTAN.
La Russie n’a cessé d’exiger que les portes de l’Alliance restent indéfiniment fermées pour l’Ukraine. Toutefois, des sources gouvernementales allemandes affirment que de telles demandes ne seront pas prises en considération et que le droit des pays à rejoindre librement ce genre d’alliance est la condition préalable à toute négociation.
Le respect de la politique de la porte ouverte de l’OTAN est « notre responsabilité », ont souligné les sources gouvernementales allemandes.
L’Allemagne étudie actuellement la possibilité d’aider l’Ukraine en lui livrant du matériel militaire non létal. Si Berlin s’est abstenu de fournir des armes à Kiev, l’envoi de matériel d’autre nature, comme des dispositifs de vision nocturne, est actuellement à l’étude.
La carotte et le bâton
Ces derniers jours, M. Scholz a cherché à se rapprocher de ses alliés occidentaux. Vendredi, les membres les plus éminents de l’OTAN se sont réunis pour discuter des tensions actuelles et pour garantir une approche commune dans leur réponse à la crise.
Si la Russie devait continuer à violer l’intégrité territoriale de l’Ukraine, elle ferait l’objet de sanctions sévères et rapides. C’est ce qu’ont décidé les neuf dirigeants transatlantiques, parmi lesquels M. Scholz, le Président français Emmanuel Macron, le Président américain Joe Biden, ainsi que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le Président du Conseil européen Charles Michel.
Lors de la réunion, l’Occident a convenu d’une stratégie à double tranchant de « diplomatie et dissuasion ». Par ailleurs, M. Biden a déjà souligné la semaine dernière que si la Russie lançait une attaque, il mettrait fin au gazoduc Nord Stream 2.
En cas d’agression, l’UE a elle aussi annoncé de « lourdes » sanctions dans les secteurs de la finance et de l’énergie qui viserait également « l’exportation de produits de haute technologie », a déclaré Mme von der Leyen vendredi.
L’approche diplomatique de l’Allemagne
Dans le cadre de l’approche occidentale « diplomatie et dissuasion », Berlin tient particulièrement à avancer sur le front diplomatique et à tirer parti de sa relation privilégiée de longue date avec la Russie pour convaincre le Kremlin de mettre un terme à toute nouvelle escalade du conflit.
Si M. Scholz a menacé vendredi la Russie de « sanctions sévères » en cas d’agression contre l’Ukraine, il a souligné la nécessité de poursuivre les pourparlers, notamment dans le cadre du Format Normandie, qui regroupe l’Allemagne, la France, la Russie et l’Ukraine.
Alors que certains dirigeants occidentaux ont déjà esquissé un ensemble concret de contre-mesures qui seraient prises si la Russie poursuivait ses agressions, Berlin est resté vague sur la portée et l’étendue de ses potentielles mesures.
Si le chancelier allemand n’a cessé de répéter que tous les partenaires transatlantiques conviendraient de contre-mesures, il a refusé de faire allusion à des instruments de rétorsion spécifiques.
Olaf Scholz lui-même a déclaré que sa réticence s’inscrivait dans le cadre d’une « ambiguïté stratégique » visant à laisser Vladimir Poutine dans l’ignorance quant à la portée des sanctions occidentales, tout en conservant des canaux de communication ouverts avec le Kremlin.