Pour les Européens, le temps du changement en Egypte est venu
Les dirigeants de l’UE n’ont pas commenté les décisions d’Hosni Moubarak.
Les dirigeants de l’UE n’ont pas commenté les décisions d’Hosni Moubarak.
Les Européens veulent le changement en Egypte mais prennent bien garde de ne pas s’immiscer dans les affaires du pays.
Alors que des rumeurs de démission du président égyptien ont parcouru le monde, jeudi 10 février, lors de son discours, le président Hosni Moubarak a simplement indiqué dans la soirée qu’il allait déléguer ses pouvoirs à son vice-président Omar Souleimane.
Sur TF1, en fin de soirée, Nicolas Sarkozy a jugé « inéluctable que l’Égypte change et trouve la voie de la démocratie ». « La France l’y aidera », a-t-il ajouté. Le président a souhaité que les Egyptiens « prennent le temps de se doter de formations politiques, de structures, de principes » afin qu’ils construisent et démocratie. Il les a mis en garde contre le risque de « dictature religieuse comme malheureusement ça s’est passé en Iran après le départ du shah d’Iran ».
De son côté, la ministre des affaires étrangères françaises, Michèle Alliot-Marie, a proposé que la France accompagne l’Egypte dans sa période de transition.
Pour son homologue allemand, Guido Westerwelle le discours n’a pas ouvert de nouvelles perceptives et ne correspond pas au « pas en avant » espéré. Il a estimé que « les inquiétudes de la communauté internationale sont encore plutôt plus grandes aujourd’hui qu’avant ».
Pas d’ingérence
De son coté, la Haute représentante pour l’action extérieure de l’UE, Catherine Ashton a considéré que le moment du changement était venu. « C’est maintenant », a-t-elle indiqué. Elle a regretté que le président n’ait pas « encore ouvert la voie vers des réformes rapides et profondes ». Elle a ajouté qu’elle allait rester en contact avec les autorités égyptiennes « pour dire la nécessité d’une transition démocratique ordonnée, sensée et durable ».
Mais Mme Ashton n’a pas pris position sur les propositions formulées par Hosni Moubarak. « C’est à eux [aux Egyptiens] de juger si les étapes annoncées par le président Moubarak remplissent leurs attentes et leurs aspirations. Nous allons faire très attention à la réponse du peuple égyptien dans les heures et les jours à venir », a-t-elle précisé.
Sur son compte twitter, le principal opposant egyptien, prix Nobel de la Paix, Mohammed El Baradei a estimé, vendredi 11 février dans la nuit que son pays allait « exploser » et qu’une intervention de l’armée serait nécessaire pour « le sauver ».
Selon des informations de l’agence de presse officielle égyptienne Mena, l’armée devrait adresser « un important communiqué au peuple », dans la journée du 11 février.