Un eurodéputé roumain renvoyé suite à une affaire de corruption

Un eurodéputé roumain a été exclu du groupe socialiste au Parlement européen mardi (22 mars). Il s'agit de la dernière victime du scandale de corruption qui a donné lieu à la démission de deux députés de l'UE.

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Un eurodéputé roumain a été exclu du groupe socialiste au Parlement européen mardi (22 mars). Il s'agit de la dernière victime du scandale de corruption qui a donné lieu à la démission de deux députés de l'UE.

Le leader du groupe des Socialistes & Démocrates a déclaré qu'il avait recommandé à Adrian Severin de quitter lui aussi le Parlement, mais que ce dernier avait refusé.

M. Severin, ancien ministre des affaires étrangères, est le troisième à s'attirer les foudres du Parlement européen suite à un piège tendu par des journalistes britanniques du Sunday Times qui se sont fait passer pour des lobbyistes et leur ont proposé de l'argent pour qu'ils amendent certaines lois.

M. Severin apparaît sur une vidéo postée sur Internet qui le montre en train d'expliquer comment il a proposé des amendements à leur demande et où il accepte d'envoyer une facture.

Toutefois, M. Severin a affirmé qu'il avait offert ses services en tant que consultant avec le seul but de partager ses connaissances.

« Je n'ai jamais demandé d'argent pour proposer des amendements », a-t-il déclaré à Reuters, qualifiant la vidéo compromettante de « fausse » car celle-ci combinerait plusieurs conversations et aurait été montée de manière à tromper le public.

Il a affirmé que son travail en tant que consultant n'enfreignait pas les règles du Parlement, mais il a concédé : « Je ne dis pas que je n'ai pas commis d'erreur, peut-être. Peut-être que ce n'est pas […] absolument correct quelque part ».

Entacher l'image du Parlement

L'eurodéputé allemand Martin Schulz, le chef de file des socialistes au Parlement, a déclaré que l'homme politique roumain avait entaché l'image de l'assemblée de l'UE.

« M. Severin a occupé des postes de haut niveau dans son pays et à l’échelle internationale et il connaît parfaitement le sens de la notion de responsabilité politique et morale », a-t-il dit.

« Dans cet esprit, j’espère qu’il quittera le Parlement européen pour éviter de nuire encore plus à cette institution ».

De nombreux membres du Parlement européen entretiennent des liens étroits ou travaillent avec l'industrie au cours de leurs cinq années en tant que législateurs. Il s'agit toutefois d'une pratique qui sera davantage contrôlée pour cause de possibles conflits d'intérêt.

L'ancien ministre slovène des affaires étrangères, Zoran Thaler, a démissionné lundi et l'eurodéputé autrichien, Ernst Strasser, a quitté son poste dimanche après la publication de l'article du Sunday Times.

M. Strasser a également été montré dans une vidéo où il affirmait être prêt à exercer des pressions contre de l'argent. Il a déclaré qu'il avait suspecté un canular et a rappelé mardi qu'aucun échange d'argent n'avait eu lieu.

M. Thaler a dit qu'il n'était impliqué dans aucune activité illégale et qu'il n'avait pas reçu d'argent mais il a démissionné dans la mesure où une enquête a été lancée.

Le président du Parlement, Jerzy Buzek, a promis qu'une enquête serait menée.

« Les représentants élus par le peuple devraient savoir ce qui est bien et ce qui est mal », a-t-il déclaré. « Si les faits rapportés sont prouvés, ce type de comportement est un sérieux coup porté à la confiance des citoyens ».

 (EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EURACTIV)