Un Parlement plus « pro-business » à l’horizon ? [FR]

Le nouveau Parlement européen devrait être plus favorables aux entreprises et à l’industrie, adoptant une position moins environnementaliste sur les principaux problèmes que la législature précédente, ont déclaré des patrons de cabinets d’affaires publiques à EURACTIV en amont de sa session inaugurale à Strasbourg demain (14 juillet).

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Le nouveau Parlement européen devrait être plus favorables aux entreprises et à l’industrie, adoptant une position moins environnementaliste sur les principaux problèmes que la législature précédente, ont déclaré des patrons de cabinets d’affaires publiques à EURACTIV en amont de sa session inaugurale à Strasbourg demain (14 juillet).

Je m’attends à ce que le Parlement tourne de manière générale plus en faveur des entreprises et de l’industrie, a déclaré à EURACTIV Jacques Lafitte, fondateur d’Avisa Partners, une autre firme de consultance bruxelloise.

Coalition pro-entreprise

Prévoyant l’émergence d’une coalition majoritaire dans les commissions parlementaires entre le Parti populaire européen (PPE), les Libéraux (ADLE) et le nouveau groupe conservateur mené par les Tories du dirigeant de l’opposition britannique David Cameron, dans des domaines tels que le marché intérieur et les questions économiques et financières, M. Lafitte a déclaré que des consensus similaires pourraient aussi être trouvés sur l’énergie, la recherche et la politique industrielle.

Je m’attends également à ce que le nouveau Parlement soit un peu moins « verdâtre », et vote pour des législations environnementales plus modérées, a-t-il ajouté.

Pareillement, Georg Danell, associé gérant dans le bureau bruxellois de Kreab Gavin Anderson, anticipe une coalition de centre droit sur la plupart des législations en rapport avec les entreprises entre le PPE, l’ADLE et les conservateurs, alors que Julia Harrison de Blueprint Partners croit qu’une alliance entre ces trois-là pourrait faire du Parlement européen un terrain de jeu plus facile pour les entreprises et l’industrie.

Cependant, d’autres font entendre des points de vue plus mesurés.   

Un réveil bleu a commencé et il s’accélère, explique José Lalloum, associé gérant à Logos Public Affairs, en référence à une prise de conscience généralisée sur les questions climatiques.

Pour M. Lalloum, les inquiétudes parmi les citoyens à propos du changement climatique et des dégradations environnementales grandissent, avec des résultats électoraux révélant sans aucun doute la conscience environnementale des électeurs.

Il serait dangereux de croire que la conjonction de la récession économique actuelle et de la faiblesse du vote socialiste feront rester le Parlement européen du côté des entreprises, a-t-il averti.

L’impact minimal des eurosceptiques

De nombreux observateurs ont écarté la suggestion selon laquelle les le nouveau groupe eurosceptique, Europe de la Liberté et de la Démocratie, aura un impact significatif sur la législation.

Le groupe ne comprend que 30 membres et il ne devrait pas avoir beaucoup d’impact au niveau législatif, selon Caroline Wunnerlich, directrice gérante de Fleishman-Hillard Europe, qui a fait remarquer que l’augmentation du nombre d’eurosceptiques, de nationalistes et de membres à la marge n’était en rien comparable avec ce qui avait été anticipé.

Les eurosceptiques continueront à se faire entendre plus que leur poids réel en terme médiatique, mais leur véritable impact sur la législation et les intérêts de nos clients restera minimal, a déclaré Mme Wunnerlich à EURACTIV.

De même, M. Lafitte de Avisa croit que les partis marginaux ne décideront pas de l’agenda politique.

Alors que les eurosceptiques feront du bruit en se concentrant sur un sujet unique tel que l’intégration ou l’immigration dans l’UE, ils restent très peu influents sur des politiques concrètes qui pourraient affecter les clients, a-t-il ajouté.

Nous devrons découvrir plus en détail le positionnement de ces groupes politiques et à quel point ils doivent être pris au sérieux, a ajouté M. Harrison de Blueprint. Dans le passé, certains eurodéputés eurosceptiques ont été élus sans se faire entendre ou même siéger au Parlement.

L’influence des Tories britanniques sur le déclin

Dans le même temps, l’influence des eurodéputés conservateurs britanniques dans le nouveau Parlement européen déclinera considérablement, conséquence de la décision du dirigeant du parti David Cameron de se retirer du PPE, selon Elaine Cruikshanks, PDG du bureau bruxellois de la firme de consultance Hill and Knowlton (EURACTIV 29/06/09).

M. Cameron a échangé une position influente au sein du PPE pour une position dominante dans un groupe où les membres ne semblent pas avoir grand chose en commun à part leur euroscepticisme, a ajouté Mme Cruikshanks.

Faisant écho à cette opinion, M. Lafitte croit que c’est un pari sur de dire que le retrait des Tories du PPE va affecter négativement leur influence générale au Parlement.

Les eurodéputés de M. Cameron siègeront dans une nouvelle formation eurosceptique appelée les Conservateurs et Réformateurs européens (ECR), que le patron d’Avisa décrit comme anti-fédéraliste, atlantiste, socialement conservatrice et économiquement libérale.

Ils seront un peu isolés, mais je m’attends quand même à ce que le PPE doivent s’appuyer sur l’ECR pour des majorités pro-entreprises, a-t-il dit.

Un futur précaire pour le nouveau groupe conservateur

Certains mettent en avant que les opinions politiques des nouveaux membres de l’ECR doivent encore être mises à l’épreuve. Le groupe fait ses premiers pas de manière précaire et, à moins qu’il parvienne à la fois à élargir et approfondir ses soutiens, son futur restera incertain, a déclaré à EURACTIV Mme Wunnerlich de Fleishman-Hillard.

Rappelant que M. Cameron a abandonné l’influence considérable des Britanniques dans des commissions clefs, le chef du cabinet d’affaires publiques croit que l’opposition claire de certains eurodéputés Tories à la décision de M. Cameron de former un nouveau groupe aurait eu un impact négatif sur sa cohésion interne.

Ils savent que la formation de ce nouveau groupe affaiblit leurs pouvoirs individuels au Parlement ainsi que ceux de leur parti et de leur pays, a dit Mme Wunnerlich, ajoutant que cela donne à réfléchir que seulement 13 des 72 eurodéputés britanniques appartiennent maintenant à l’un des deux plus gros partis du Parlement.

José Lalloum, d’autre part, croit que l’activisme traditionnel des eurodéputés britanniques aidera les membres de l’ECR à exercer une influence considérable lors de la nouvelle législature malgré sa taille relativement modeste.

Etant donné que la part eurosceptique de l’ECR n’empêchera pas le groupe de construire des consensus avec d’autres dans l’assemblée européenne, il pourrait devenir une composante influente de l’équilibre politique du Parlement, a déclaré le dirigeant de Logos.

Des eurodéputés de haut niveau

D’autres ont souligné l’impact probable de l’arrivée de nouveaux hommes politiques nationaux reconnus dans la nouvelle assemblée.  

Un certain nombre de responsables politiques nationaux de haut niveau, comme Guy Verhofstadt ou Rachida Dati, et peut-être certains anciens commissaires, siègeront au nouveau Parlement. Si ces poids lourds deviennent actifs et tiennent des postes importants, cela pourrait avoir un impact sur les relations entre le Parlement et les autres institutions, selon M. Lafitte d’Avisa.

La session inaugurale du nouveau Parlement européen se tiendra à Strasbourg cette semaine.