Une PME innovante témoigne de ses difficultés d’accès au Feder
EURACTIV présente tous les mois un projet financé en partie par des fonds européens. La rédaction française est allée à la rencontre du projet TADEO. En partie financé par le Feder, cette plateforme de communication mise en place par une PME vise à faciliter les échanges entre sourds et entendants en milieu professionnel.
EURACTIV présente tous les mois un projet financé en partie par des fonds européens. La rédaction française est allée à la rencontre du projet TADEO. En partie financé par le Feder, cette plateforme de communication mise en place par une PME vise à faciliter les échanges entre sourds et entendants en milieu professionnel.
Un ordinateur, une web cam, un instrument de sténotypiste. Derrière son écran, l’un des vingt opérateurs de la plateforme TADEO retranscrit instantanément la conversation d’une personne malentandante, qui, au téléphone, fait une réservation d’hôtel. Autour, dans des cabines fermées par un rideau, des interprètes en langue des signes répondent aux sollicitations de leurs clients sourds ou malentendants. En faisant comprendre, à distance, en temps réel, les propos tenus par exemple, lors de réunions, ces professionnels facilitent les échanges entre sourds et entendants.
Trouver le bon interlocuteur
Une démarche longue et très compliquée commence. Trouver le bon interlocuteur semble avoir été l’étape la plus difficile. Pour obtenir des fonds européens, un projet doit rentrer dans la grille de critères définis par le programme opérationnel de la région dont il dépend. “Il suffit de trouver le bon axe mais pour cela il faut discuter avec les gens, sinon c’est incompréhensible”, explique M. Ricard. En l’occurence, TADEO s’inscrit dans l’action numéro 10 du programme opérationnel FEDER de la région Île-de-France qui soutient des projets d’innovation sociale notamment à l’aide des technologies de l’information et de la communication (TIC).
S’il finit par comprendre qu’il faut remplir son dossier en ligne, Pierre Ricard tient absolument à rencontrer quelqu’un qui pourra lui expliquer précisément comment procéder et surtout soutenir sa démarche auprès de la préfecture de région, qui décide ou non d’attribuer les fonds. “Au bout de quatre mois, j’ai fini par obtenir un rendez-vous à la préfecture du Val de Marne”, raconte-t-il. Expliquer le projet, convaincre son interlocuteur de l’éligibilité aux fonds des dépenses de l’entreprise, rapport de suivi etc. “Ce dossier m’a demandé un boulot énorme”, ajoute-t-il.
Aide passive
S’il dit ne surtout pas vouloir opposer le “monde” des entreprises aux fonctionnaires chargés de conseiller les porteurs de projets, le directeur financier de TADEO ne peut s’empêcher de constater que “deux logiques très différentes” sont à l’oeuvre. “Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui m’ayant dit que mon dossier l’intéressait et qu’il allait m’aider à le monter. Je n’ai reçu que de l’aide passive”, ajoute-t-il. Et de s’interroger : “pourquoi ne pas confier aux Chambres de commerce et de l’industrie ou à Oséo le soin de gérer ces fonds? Eux sont en prise directe avec la réalité économique. C’est quasiment contre nature pour des gens de la préfecture d’accorder des crédits aux PME. Ce n’est pas leur rôle.”
Vidéo de présentation du projet TADEO
