Européennes 2024 : appel à la mobilisation des jeunes citoyens pour une « Révolution de l'espoir »

Un an avant les élections européennes, une coalition d'universitaires, d'artistes, de membres de la société civile, d'acteurs publics et privés, appelle à la « Révolution de l'espoir ».

Fridays for Future global climate strike
Des manifestants brandissent des pancartes lors d'une manifestation de grève mondiale pour le climat "Fridays for Future" dans le centre ville de Vienne, Autriche, le 3 mars 2023. [EPA-EFE/CHRISTIAN BRUNA]

Un an avant les élections européennes, une coalition d’universitaires, d’artistes, de membres de la société civile, d’acteurs publics et privés, appelle à la « Révolution de l’espoir ».

Make.org et les Jeunes européens fédéralistes lancent la campagne participative EurHope, présentée comme le fer de lance de la mobilisation des jeunes citoyens européens avant les élections. 

Imaginez que vous arrêtiez une personne dans la rue pour lui demander ce qu’elle pense de l’Europe. Au début des années 1950, une fermière âgée aurait répondu : « si c’est pour la paix, d’accord ». Soixante ans plus tard, lors des semaines de la « Révolution de la dignité » en 2014, la même question a été posée à une vieille dame ukrainienne.

Celle-ci montre fièrement une immense étendue de blé qu’elle dit, avec douceur dans les mots, capable de nourrir l’Europe.

Pourtant, dans le débat public d’aujourd’hui, l’Europe est souvent associée à de mauvaises nouvelles, à des contradictions ou, au mieux, à de grands problèmes mondiaux.

L’Europe doit revenir à l’essentiel

Secouée par les crises, la société européenne se retrouve divisée. Pourtant, ces dernières années, « l’Europe » a signifié beaucoup de choses : la solidarité lors de la pandémie et des actions coordonnées pour faire face à la guerre et à la crise climatique. Mais au lieu de discours apaisés, un nombre croissant de forces amplifient les divisions.

Le contexte dans lequel se dérouleront les élections européennes dans un an est donc extrêmement préoccupant.

Après 70 ans de paix et d’union, de nombreux Européens ont du mal à s’en rendre compte des avancées qu’a permis l’Europe : partages culturels, augmentation du niveau de vie, liberté de mouvement, etc.

Les frontières qui, hier, passaient par Verdun et la Somme, se situent aujourd’hui ailleurs, de Cutro à Kyiv. D’autres se dessinent, celles des gagnants et des perdants de la mondialisation, de plus en plus marquées par le fossé entre les centres économiques et les périphéries.

Les contradictions qui définissent ces nouvelles “frontières” doivent donc être abordées, afin de redécouvrir l’objectif et l’esprit originels du projet européen.

Selon un récent sondage Eurobaromètre, les sentiments prédominants chez les Européens sont, dans l’ordre, l’incertitude, la frustration, l’impuissance, la colère et la peur. Autant de sentiments qui alimentent la division.

Cependant, pour plus d’un Européen sur trois, l’espoir fait partie de ces sentiments prédominants. Un espoir actif et déterminé. L’espoir qui pousse tant de personnes, à l’intérieur et à l’extérieur de l’UE, à continuer à se battre pour les valeurs européennes, au péril même de leur vie. L’Europe se doit donc d’être à la hauteur.

Faire confiance à l’avenir

C’est pourquoi, à un an des élections, face à tant de forces qui cherchent à tirer parti de la division, nous construisons une alternative. Nous proposons une autre voie pour transformer l’Europe. Un chemin qui commence par l’écoute de ceux qui porteront le poids de l’avenir sur leurs épaules : les jeunes.

À l’ère des réseaux sociaux, les jeunes citoyens peuvent être particulièrement vulnérables à la désinformation et ont été fortement touchés par les événements récents : la pandémie, la guerre, l’inflation, le chômage et l’inquiétude climatique. Notre objectif est de renforcer un dialogue positif entre eux, au-delà des frontières et des barrières linguistiques, dans toute leur diversité.

Nous devons orienter le débat politique autour de leurs priorités. Nous devons remplacer l’agenda de la peur et de la division par un « Agenda de l’Espoir ». C’est ainsi que l’Europe et l’espoir sonneront à nouveau de la même façon : EURHOPE.

Aujourd’hui, nous invitons tous les jeunes citoyens, tous les membres de la société civile, tous les États membres, les villes et les régions, ainsi que toutes les organisations engagées à rejoindre la Révolution de l’Espoir !

 

Liste des signataires :

Gabriele BISCHOFF, eurodéputée allemande, vice-présidente de groupe de l’Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates (S&D – gauche) ;

Mercedes BRESSO, eurodéputée italienne (S&D) et ancienne présidente du Comité des Régions ;

Pascal CANFIN, eurodéputé français (Renew – centre), président de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire ;

Sandro GOZI, eurodéputé italien (Renew), président de l’Union des Fédéralistes Européens ;

Nathalie LOISEAU, eurodéputée française (Renew), ancienne ministre des Affaires européennes de la France ;

Daniel COHN-BENDIT, ancien eurodéputé français (Les Verts/ALE) ;

Damian BOESELAGER, eurodéputé allemand (Les Verts/ALE) ;

Benedek JAVÓR, ancien eurodéputé hongrois (Les Verts/ALE) ;

Mikuláš BEK, ministre des Affaires européennes de la République tchèque ;

Mario Monti, Membre du Sénat italien, ancien Premier ministre italien, ancien commissaire européen ;

Gergely KARÁCSONY, maire de Budapest ;

Martial FOUCAULT, directeur du CEVIPOF ;

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT ;

Jacques RUPNIK, directeur de recherche à Sciences Po, ancien conseiller de Vaclav Havel ;

Zora JAUROVA, producteur, dramaturge et expert en politique culturelle et industrie créative ;

Inga WACHSMANN, présidente de Citizens for Europe ;

Bertrand PANCHER, MP, président de Décider ensemble ;

Emma SMETANA, artiste, interprète, journaliste ;

Antonio ARGENZIANO, président des JEF Europe ;

Maroua BOUZAIDA, vice-présidente de Toulouse Métropole ;

Adrien DUGUET, président de l’Association Civic Tech Europe ;

Valérie DECAMP, directrice exécutive de Mediatransports ;

Jeanne BRETÉCHER, présidente de Social Good Accelerator ;

Clémence PÈNE, vice-présidente de A Voté ;

Claus HAUGAARD SORENSEN, ancien directeur général à la Commission européenne, président de Global Executive Leadership initiative ;

Ignacy NIEMCZYCKI, Fondation Geremek ;

Alberto ALEMANNO, professeur de droit à HEC Paris, fondateur de The Good Lobby ;

Luca JAHIER, président du European semester group, ancien président du Comité économique et social européen ;

Gilbert BOURSEUL, président de TOPICS ;

Olivier COSTA, chercheur au CNRS et professeur au Collège d’Europe ;

Isabelle NÉGRIER, directrice générale d’EuropaNova ;

Karine CAUNES, rédactrice en chef European Law Journal ;

Biliana KOTSAKOVA, avocat et défenseuse des droits de l’Homme ;

Christophe LECLERCQ, fondateur de EURACTIV & Président Europe de MediaLab ;

Gian-Paolo ACCARDO, cofondateur et rédacteur en chef de Voxeurop ;

Francesca RATTI, ancienne secrétaire générale adjointe du Parlement européen ;

Tremeur DENIGOT, co-président de CIVICO Europa ;

Guillaume KLOSSA, co-président de CIVICO Europa et fondateur de Europa Nova ;

Axel DAUCHEZ, président de Make.org ;

Alicia COMBAZ, CEO de Make.org.