En février, lors d’un événement exclusif EURACTIV dans le bureau de Berlin, les participants sont parvenus à un large consensus : quiconque représente des intérêts politiques – qu’ils soient économiques ou environnementaux – doit s’appuyer sur des faits concrets, de la transparence et de larges alliances.
La question est essentielle puisque ce n’est que de cette manière que les représentants des groupes d’intérêt pourront asseoir leur crédibilité et gagner la confiance des décideurs politiques. Les eurodéputés Martin Pätzold, du CDU, Franziska Brantner, des Verts, Richard Kühnel, chef de la représentation de la Commission européenne à Berlin, Claudia Dörr, ministre des Affaires économiques et de l’Énergie, Holger Kunze, représentant du VDMA à Bruxelles, Kolja Gabriel, présidente de la fédération des banques allemandes en Europe, et Christophe Leclercq, fondateur d’EURACTIV, ont discuté ensemble de l’action des lobbying.
Bien entendu, les parties prenantes sont toujours à l’affût d’une oreille réceptive au Parlement et dans les institutions gouvernementales, mais ce n’est pas en envoyant des invitations pour des déjeuners couteux qu’elles y parviennent, a assuré Franziska Brantner. L’eurodéputée préfère inviter des représentants d’horizons différents pour échanger des arguments. « Selon moi, il est important que le travail des politiques s’appuie sur différentes sources. Lorsque c’est possible, tous les intérêts devraient être considérés afin d’avoir une meilleure vision sur des sujets souvent complexes. Par ailleurs, je préfère rencontrer des associations que des entreprises individuelles. Ce n’est que lorsque j’aborde des sujets très spécifiques que je discute avec des représentants individuels », a poursuivi l’eurodéputée écologiste.
Les alliances sont nécessaires et précieuses puisqu’elles montrent qu’un sujet peut affecter des groupes multiples. Il est particulièrement important qu’elles soient construites autour de divers acteurs, et à divers niveaux. Des institutions publiques, des organisations sociales, des ONG et des acteurs économiques devraient par exemple faire part ensemble de leurs inquiétudes à Bruxelles. C’est particulièrement intéressant quand des représentants trouvent des parties prenantes avec des inquiétudes similaires dans d’autres États membres de l’UE.
Kolja Gabriel de l’association des banques allemandes a souligné l’approche globale de telles alliances dans le domaine de la finance : « Les banques ne sont plus seulement nationales, et sont principalement réglementées au niveau européen. L’association est depuis longtemps engagée au niveau européen. Il est nécessaire que nous soyons actifs dans les débats à Bruxelles lorsqu’il s’agit de projets européens cruciaux. Le succès dépend d’une bonne représentation des intérêts, tels que les arguments professionnels, la coopération avec les alliés et la transparence ».
Christophe Leclercq, fondateur d’EURACTIV, a pour sa part insisté sur le changement engendré par le lancement de structures de l’information et de technologies de communication plus modernes ces dix dernières années. À Bruxelles particulièrement, des médias comme Twitter et EURACTIV sont devenus essentiels à la diffusion rapide des actualités. Nombres d’eurodéputés sont d’ailleurs d’avides utilisateurs de la Twittersphere. Or, comme l’a mis en évidence l’événement, de nombreuses organisations et associations ont encore beaucoup à apprendre sur l’ouverture et la transparence dans les médias.
EURACTIV Exclusive est une série d’évènements organisée par EURACTIV Allemagne qui réunit les acteurs de la scène européenne afin de débattre des pratiques d’élaboration des politiques dans l’UE. Le prochain événement se concentrera sur le rôle des sociétés allemandes et se déroulera à Bruxelles le 3 mai. Pour plus d’informations, veuillez contacter stina.barth@euractiv.de.


