« Le mandat de député européen est plus important que le mandat de député national »
L’écologiste troque son mandat local à la mairie du XXème arrondissement de Paris contre le Parlement de Strasbourg. Joker de Pascal Canfin, devenu ministre, il veut se consacrer au développement régional.
L’écologiste troque son mandat local à la mairie du XXème arrondissement de Paris contre le Parlement de Strasbourg. Joker de Pascal Canfin, devenu ministre, il veut se consacrer au développement régional.
Quand avez-vous appris que vous alliez être député européen ?
Le jour de l’annonce du gouvernement, vers 14h. Je m’y étais potentiellement préparé, mais la surprise est venue de la personne que j’allais remplacer. Je pensais que ce serait plutôt Eva Joly, j’ai donc attendu d’avoir la confirmation pour Pascal Canfin.
Avez-vous hésité à aller siéger au Parlement européen ?
Pas une seconde. Les sujets débattus au Parlement européen sont d’une grande importance. Mon mandat local à la mairie du XXème me permettait de toucher à des problématiques très proches de la population et du quotidien. Ici, au parlement européen, on a une vision à plus long terme tout en agissant concrètement et en prenant de la hauteur.
Aller au Parlement européen, c’est faire vœu de « chasteté médiatique » dit Alain Lamassoure…
En France, les députés européens ont tendance à se présenter aux législatives et partir à l’Assemblée nationale dès que l’occasion se présente. Je pense au contraire qu’il est important d’être à Bruxelles et à Strasbourg.
Le mandat de député européen est plus important que le mandat de député national, alors que la représentation collective voudrait nous faire croire le contraire. Les députés européens souffrent de ce manque de visibilité et préfèrent donc souvent rester au parlement national. Même s’ils défendent des idées, ils se projettent pour faire carrière.
La dimension technique des dossiers et la culture du compromis propres au travail à Bruxelles ne vous rebutent pas ?
J’ai été syndicaliste, on passe des heures à négocier et on a droit à un filet dans la presse. Le fait de travailler concrètement et de ne pas avoir de retombées médiatiques ne me pose pas de problèmes. Je suis très content d’être là et je veux m’investir totalement.
Les langues étrangères sont également un atout… Est-ce le vôtre ?
Je peux suivre une conversation en anglais et en espagnol. Sinon je parle une langue régionale qui n’est pas reconnue par l’Union européenne !
Quels liens entretenez-vous avec l’Europe ?
Ca fait plus de 20 ans que je suis en politique. Je suis arrivé en métropole à 23 ans mais j’avais déjà milité en Guadeloupe. J’ai été militant de base, syndicaliste à la CFDT Transports… J’ai fréquenté Strasbourg et Bruxelles en tant que syndicaliste pour manifester contre la libéralisation du transport ferroviaire et du transport interurbain de voyageurs. Aujourd’hui, j’y reviens en tant que député.
Vous arrivez en cours de mandat. N’est-ce pas un handicap ?
Mon temps d’adaptation est réduit à peau de chagrin. Dans un an, tout le monde est en campagne électorale. Il ne reste pas beaucoup de temps pour être dans l’action parlementaire. Donc j’ai un sprint à faire, que j’espère gagner avec l’objectif affiché de faire partie de la prochaine délégation dès le début du mandat, en 2014.
Comment vous y êtes-vous préparé ?
Je suis me suis rendu au Parlement dès la session plénière de mai. J’ai bien compris que je n’avais que 2 ans et qu’il fallait que je fasse vite. J’ai recruté un attaché parlementaire et le reste de mon équipe est en cours de constitution.
J’ai par ailleurs pris la décision de démissionner de mon mandat à Paris pour être ici. Si c’est un sprint, je ne peux pas être sur deux pistes en même temps. De toute façon, je voulais être en conformité avec les motions que j’ai signées pour que le mandat de parlementaire soit un mandat unique.
Connaissez-vous déjà les sujets que vous allez traiter ?
Je pense intégrer la Commission du développement régional, en me concentrant plutôt sur les régions ultra-périphériques. Il y a beaucoup à faire dans le domaine des fonds structurels européens et du rattrapage économique. Il ne s’agit pas d’appliquer à ces régions le modèle de développement occidental in extenso, mais de voir quelles activités peuvent être menées au sein de leur bassin géographique naturel. Mon but est de pouvoir commencer à défendre concrètement ces dossiers dès le mois de septembre.