A Oslo, l'UE, prix Nobel de la paix, fait l'éloge du compromis

Dans leur discours de remise du prix Nobel de la Paix, les présidents du Conseil et de la Commission ont salué la méthode du compromis et les institutions de l'UE, ciments du projet de paix de l’intégration européenne.

EURACTIV.fr
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Dans leur discours de remise du prix Nobel de la Paix, les présidents du Conseil et de la Commission ont salué la méthode du compromis et les institutions de l’UE, ciments du projet de paix de l’intégration européenne.

L’unanimité n’est décidément pas une évidence dans l’Union européenne. Même lorsqu’il s’agit de recevoir le prix Nobel de la paix. 25 Etats sur 27 ont fait le déplacement, lundi 10 décembre, à Oslo. Le Premier ministre britannique et son homologue tchèque ont préféré rester chez eux.

France et Allemagne applaudies

Au premier rang de la grande salle de l’Hôtel de Ville d’Oslo, la chancelière allemande et le président français étaient assis côte à côte. Soixante ans après la fin de la Seconde guerre mondiale, la réconciliation franco-allemande fait toujours figure de symbole.

Lors de l’intervention du président du comité du prix Nobel, Angela Merkel et François Hollande ont été longuement applaudis.

Les trois présidents des institutions européennes sont venus chercher la médaille et le certificat du prix Nobel. Martin Schulz pour le Parlement, Herman Van Rompuy pour le Conseil et José Manuel Barroso ont ainsi posé pour l’Histoire.

L’ennui plutôt que la guerre

Seuls deux d’entre eux ont toutefois eu le droit de s’exprimer face au parterre de personnalités, dont le souverain de Norvège Harald V. Le président du Conseil européen a ainsi fait l’éloge du « compromis » comparant l’UE à un congrès pour la paix « permanent ».

« Par des négociations constantes, sur un nombre toujours plus grand de sujets et entre des pays toujours plus nombreux, nous appliquons la règle d’or de Jean Monnet : ‘Mieux vaut se disputer autour d’une table que sur un champ de bataille' », a-t-il déclaré.

Ainsi, l’UE serait devenue maîtresse dans « l’art du compromis » technique si chère à Herman Van Rompuy. « Il s’agit de faire en sorte que tous les pays sortent gagnants des négociations. Des discussions politiques ennuyeuses n’en sont que le modeste prix à payer ».

Défendre l’euro

Dans le même sens, le président de la Commission européenne  a aussi usé de références historiques. Il a notamment cité les mots de Vaclav Havel prononcés devant le Parlement européen à l’occasion des 20 ans de la chute du mur de Berlin : l’Europe est « la patrie de nos patries ».

Pour José Manuel Barroso, la quête d’unité « n’est pas une œuvre parfaite », mais elle a déjà « développé une démocratie transnationale sans pareille, symbolisée par le Parlement européen, directement élu ». 

« Et, aujourd’hui, chacun de nous tient dans ses mains l’un des symboles les plus tangibles de notre unité, l’Euro », a précisé M. Barroso. Avant d’ajouter, comme une mise en garde : « Ce symbole, nous le défendrons.»