INTERVIEW : Le Kosovo mérite davantage de la part de l'UE

L'ambassadeur du Kosovo milite en faveur de l'adhésion à l'UE malgré l'impasse politique

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Le Kosovo devrait se voir accorder le statut de pays candidat à l’UE et doit poursuivre ses progrès indépendamment de la Serbie, a déclaré à Euractiv son ambassadeur à Bruxelles, Agron Bajrami.

Le Kosovo a proclamé son indépendance vis-à-vis de la Serbie en 2008, mais cinq États membres de l’UE ne la reconnaissent toujours pas. L’Espagne, confrontée à des mouvements séparatistes, s’est montrée particulièrement réticente à le faire.

Ce petit pays des Balkans occidentaux est le seul de la région à ne pas avoir obtenu le statut de candidat, alors qu’il est plus que prêt, a fait valoir Bajrami.

« Le Kosovo est plus avancé que n’importe quel autre pays ne l’était au moment où il a obtenu le statut de candidat », a-t-il déclaré.

Le Kosovo a déposé sa candidature à l’adhésion à l’UE en 2022, aux côtés de pays tels que la Moldavie et l’Ukraine. Alors que ces deux derniers ont depuis progressé dans le processus d’adhésion, la candidature du Kosovo est au point mort.

Bajrami reste néanmoins optimiste : « Il y a trois choses auxquelles on ne peut échapper dans la vie : la mort, les impôts et l’adhésion du Kosovo à l’UE. »

En juin, les députés européens ont salué les efforts du Kosovo pour rejoindre l’UE, mais ils ont également exprimé leur inquiétude quant au fait que le pays se trouve depuis plus d’un an sans parlement ni gouvernement pleinement opérationnels.

Le Kosovo a connu trois élections en un peu plus d’un an. Bien qu’Albin Kurti, le Premier ministre, ait remporté la dernière en date, il n’a pas réussi à obtenir la majorité.

En visite à Pristina quelques jours avant le scrutin, António Costa, président du Conseil européen, a exhorté les dirigeants du pays à mettre en place des institutions opérationnelles et à poursuivre les réformes.

« L’UE peut soutenir le Kosovo, mais elle ne peut pas faire le travail à sa place », a déclaré Costa.

Le Kosovo a connu à plusieurs reprises des affrontements avec la Serbie au sujet du statut et du traitement de sa minorité ethnique serbe, bien que les tensions se soient depuis apaisées.

L’UE a clairement indiqué que ni le Kosovo ni la Serbie ne pourraient se rapprocher de l’adhésion sans progrès vers la normalisation de leurs relations.

(mm, vc)