Accord UE-Tunisie : une organisation basée à Vienne va contribuer à la mise en œuvre de l’accord

Le Centre international pour le développement des politiques migratoires (ICMPD) gérera des projets en Tunisie dans le cadre du mémorandum d’entente entre l’Union européenne et la Tunisie, a déclaré l’ICMPD à Euractiv à Vienne.

Euractiv.com
EU leaders von der Leyen, Meloni and Rutte visit Tunisia
Le mémorandum d’entente entre l’UE et la Tunisie a été signé par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, ainsi que le président tunisien, Kaïs Saïed, à la mi-juillet. [EPA-EFE/FILIPPO ATTILI/CHIGI PALACE PRESS OFFICE]

Le Centre international pour le développement des politiques migratoires (ICMPD) gérera des projets en Tunisie dans le cadre du mémorandum d’entente sur un partenariat stratégique et global entre l’Union européenne et la Tunisie, a déclaré l’ICMPD à Euractiv à Vienne.

« Nous nous attendons à ce que de nouveaux projets soient bientôt mis en place suite au mémorandum, mais pour le moment, nous nous concentrons sur les projets actuels que nous avons sur le terrain », a confirmé à Euractiv Donya Smida, cheffe de projet de l’ICMPD pour la Tunisie, lors de la conférence sur les migrations de l’ICMPD qui se tient à Vienne (10-11 octobre).

L’ICMPD est une organisation internationale qui travaille avec 20 États membres en Europe et pour l’UE. Elle opère dans environ 90 pays à travers le monde, soutenant la mise en œuvre des politiques gouvernementales dans le domaine de la migration, par exemple en Afrique, en Europe de l’Est, en Asie centrale, en Méditerranée, sur les routes de la soie, dans les Balkans occidentaux et en Turquie.

Selon son site web, une partie des fonds de l’ICMPD provient des États membres, de la Commission européenne et des Nations unies, auprès desquelles elle a également le statut d’observateur.

L’organisation a joué un rôle important dans la mise en œuvre d’un large éventail de projets financés par l’UE et d’accords avec des pays tiers dans le domaine de la migration, dont certains ont fait l’objet d’une forte pression politique.

L’ICMPD a reçu un financement pour aider à la mise en œuvre de certaines parties de l’accord UE-Turquie de 2016 visant à contenir les demandeurs d’asile en provenance de Syrie, a déclaré à Euractiv Tamer Kiliç, chef de projet de l’ICMPD pour la Turquie.

En Turquie, l’ICMPD travaille sur l’intégration sociale des demandeurs d’asile dans le secteur privé et les universités, la formation des gardes-côtes, la facilitation des retours volontaires et la gestion des projets de travail et de migration légale, a déclaré M. Kiliç.

Le mémorandum d’entente entre l’UE et la Tunisie a été signé par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, ainsi que le président tunisien, Kaïs Saïed, à la mi-juillet.

Il s’agit d’un engagement global de la part de l’UE d’investir dans différents projets en Tunisie, par exemple pour la mise en œuvre du contrôle des frontières et le renforcement d’infrastructures telles que les projets de câbles sous-marins, en échange d’un soutien de la part de Tunis en matière de contrôle des migrants.

Projets en cours de l’ICMPD en Tunisie

L’organisation gère déjà des projets en Tunisie, axés sur la gouvernance, la modernisation, la construction de nouvelles infrastructures et la professionnalisation dans le domaine de la migration, a confirmé Mme Smida à Euractiv.

« Nous travaillons avec les autorités tunisiennes telles que les forces de sécurité impliquées dans la gestion des migrations », a déclaré la cheffe de projet, ajoutant que l’ICMPD se concentre sur la formation des autorités afin d’améliorer leurs compétences et leurs connaissances en la matière.

Par exemple, l’ICMPD met actuellement en œuvre la troisième phase d’un projet lancé en 2015 qui se concentre sur la gestion des frontières et fournit des lignes directrices par le biais de la formation.

« Nous allons ouvrir un centre dans la ville de Naftah [ville tunisienne proche des frontières algériennes], dans le sud-ouest du pays, en collaboration avec le ministère tunisien des Finances, afin d’organiser une formation sur les douanes le 17 novembre », a déclaré la cheffe de projet.

Un autre centre sera ouvert le 21 novembre dans le nord-ouest du pays, en partenariat avec le ministère tunisien de l’Intérieur.

Un autre projet financé par l’UE, d’une valeur de 13,5 millions d’euros, a débuté en janvier 2023. Il s’appelle « Academy Building » et est mis en œuvre conjointement avec la police fédérale allemande, a expliqué Mme Smida à Euractiv.

« Le projet se concentre sur la construction d’écoles pour les garde-côtes », a expliqué la cheffe de projet.

Alors que les fonds couverts par l’accord UE-Tunisie devraient arriver en Tunisie avant la fin de l’année, les tensions politiques entre l’UE et la Tunisie pourraient retarder sa mise en œuvre.

À l’automne 2023, le gouvernement tunisien a reporté certaines réunions avec les autorités de l’UE et a interdit à une délégation du Parlement européen d’entrer dans le pays.

Les tensions se sont accrues le 2 octobre, lorsque M. Saïed a déclaré que le pays refuserait les fonds de l’UE qui sont « destinés à la charité », en référence à un paiement lié à des fonds précédemment convenus.

Le commissaire à l’Élargissement et au Voisinage, Olivér Várhelyi, a publiquement répondu à M. Saïed que la Tunisie était libre de « renvoyer » les 60 millions d’euros qui venaient d’être transférés — des fonds qui s’inscrivaient dans le cadre d’un programme européen d’aide au redressement de la Covid-19.