Al Gore met en garde contre un échec à la COP25
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MADRID
Alors que l’éventualité d’un échec pointe son nez à Madrid, l’ancien vice-président américain a rappelé que le sommet des Nations unies sur le climat était une occasion cruciale de se montrer plus ambitieux dans la lutte contre la crise climatique.
« Les entreprises productrices de combustibles fossiles utilisent leur pouvoir politique, leurs contributions aux campagnes électorales ainsi que leur système de lobbying pour ralentir les changements dont nous avons désespérément besoin », a déclaré Al Gore.
Dans une interview accordée à Euroefe, le lauréat du prix Nobel de la paix 2007 a déclaré qu’il espérait néanmoins qu’un accord serait conclu dans les dernières heures de la COP25, comme c’est généralement le cas selon son expérience.
« On est toujours sur la corde raide dans la dernière semaine de ces conférences, donc ce n’est pas inhabituel. Mais je dirais que c’est un peu plus tendu cette année que d’habitude », a-t-il déclaré, ajoutant que des pays comme l’Arabie saoudite essayaient de bloquer les progrès. « Ils n’acceptent même pas ce que dit la science. Et ils exigent d’être payés pour toute réduction de leur production de pétrole », a-t-il indiqué. « Le Brésil exige une comptabilité malhonnête, un double comptage des réductions d’émissions, c’est le seul pays qui formule une telle demande », a-t-il ajouté.
Al Gore a enjoint l’Europe et d’autres parties du monde à cesser de subventionner les combustibles fossiles et à soutenir une transition rapide vers l’électricité renouvelable, les voitures et camions électriques.
Concernant l’intention du gouvernement de Donald Trump de se retirer de l’Accord de Paris sur le climat, il a déclaré qu’en vertu de cet accord, le retrait ne pourrait avoir lieu qu’à partir du premier jour suivant les prochaines élections présidentielles américaines, dans 11 mois.
« Cette décision est donc entre les mains des électeurs américains et si un nouveau président est élu, ce dernier pourrait donner un préavis de 30 jours et les États-Unis réintégreraient l’Accord de Paris », a-t-il expliqué. Al Gore a également déclaré qu’il était un « grand admirateur » de Greta Thunberg, disant que son mouvement n’était pas une « mode passagère ». (Amaya Quincoces, Euroefe)
VARSOVIE
L’exception polonaise. Les dirigeants de l’UE ont prétendu avoir conclu un accord climatique ambitieux pour 2050 tôt vendredi 13 décembre, mais la Pologne a maintenu ses objections et a refusé d’approuver l’objectif de neutralité climatique. Lors du sommet du Conseil européen, la Pologne a fixé certaines conditions concernant l’approbation de l’objectif climatique.
Selon des sources de l’Agence de presse polonaise, la Pologne est prête à soutenir l’objectif de neutralité d’ici à 2050, mais veut l’atteindre à son propre rythme.
Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a salué une « très bonne solution » et a déclaré que son pays avait « été exempté du principe de l’application de la politique de neutralité climatique. Nous l’atteindrons à notre propre rythme. » En outre, la Pologne souhaite des dispositions plus spécifiques pour le financement de la transition vers la neutralité. Sur ce sujet, Varsovie pourrait obtenir le soutien de la République tchèque et de la Hongrie.
« Il est acceptable qu’un pays qui a parcouru un long chemin et qui compte de nombreuses régions dépendantes du charbon, ait besoin de plus de temps pour examiner certains détails. Mais cela ne changera pas le calendrier de la Commission », a déclaré Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. (Łukasz Gadzała, Euractiv Pologne)
LONDRES
Brexit confirmé. Le Royaume-Uni quittera l’UE d’ici à la fin du mois de janvier, après que le parti conservateur de Boris Johnson a remporté une victoire décisive aux élections législatives du 12 décembre.
Avec 44% des voix, les conservateurs devraient pouvoir compter sur une majorité de 70 sièges, soit environ 360 des 650 sièges de la Chambre des communes. Une victoire de cette ampleur garantirait un retrait du Royaume-Uni de l’UE au plus tard le 31 janvier.
BERLIN
La Russie expulse des diplomates allemands. Les tensions continuent entre l’Allemagne et la Russie après l’assassinat présumé d’un demandeur d’asile géorgien, Zelimkhan Khangoshvili, dans le Kleiner Tiergarten de Berlin en août.
Le 12 décembre, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a annoncé que le pays allait expulser deux diplomates allemands. Cette action fait suite à l’expulsion par l’Allemagne de deux diplomates russes le 4 décembre, après que les procureurs allemands eurent annoncé qu’ils pensaient que le meurtre avait été commis à la demande du Kremlin.
Cette décision était attendue, car le président Vladimir Poutine et le ministère russe des Affaires étrangères avaient déjà annoncé que des mesures semblables seraient prises, mais ce type d’escalade est rare dans les relations germano-russes. Le gouvernement allemand a déclaré qu’il se réservait le droit de prendre d’autres mesures en réponse à cet assassinat.
Khangoshvili était un ressortissant géorgien qui avait combattu pour les séparatistes tchétchènes lors de la Seconde Guerre tchétchène (1999-2009) et avait ensuite travaillé pour contrer l’influence russe en Géorgie et en Ukraine. En 2016, il avait fui à Berlin pour demander l’asile après avoir survécu à de multiples tentatives d’assassinat en Géorgie. (Sarah Lawton, Euractiv Allemagne)
PARIS
Acceptation de 400 demandeurs d’asile. La France soulagera la Grèce du défi migratoire qui pèse sur son infrastructure en acceptant 400 demandeurs d’asile, a confirmé le ministère français de l’Intérieur le 12 décembre. « Nous avons proposé de réinstaller 400 réfugiés en France », a déclaré le ministère à l’AFP, ajoutant qu’ils arriveraient « dans les prochains mois ».
ATHÈNES
La Grèce obtient le soutien de l’UE et des États-Unis au détriment de la Turquie. Le Conseil de l’UE a conclu hier soir que le protocole d’accord entre la Turquie et la Libye sur les zones maritimes était illégal.
« Le protocole d’accord Turquie-Libye sur la délimitation des juridictions maritimes en Méditerranée porte atteinte aux droits souverains des États tiers, n’est pas conforme au droit de la mer et ne peut avoir aucune conséquence juridique pour les États tiers », selon les conclusions du Conseil.
A Athènes, l’ambassadeur des États-Unis en Grèce, Geoffrey Pyatt, a critiqué la « nature inutile » et propre à renforcer les tensions du « memorandum of understanding » (MoU). « Le point de vue américain est que le gouvernement turc, dans ses affirmations concernant ses revendications maritimes et concernant les plateaux continentaux, diffère de notre analyse juridique ainsi que de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS) en ce qui concerne les îles », a-t-il déclaré. « Les îles inhabitées, en vertu du droit international coutumier, ont droit au même traitement que le territoire continental », a-t-il souligné.
L’accord turco-libyen ignore l’existence d’un certain nombre d’îles grecques, dont l’île de Crète. (Theodore Karaoulanis, Euractiv Grèce)
SOFIA
La Bulgarie portera le « paquet Macron » devant la Cour de justice des Communautés européennes. Mercredi 11 décembre, les institutions de l’UE sont parvenues à un accord préliminaire sur le « paquet mobilité » qui introduira de nouvelles règles pour les conducteurs détachés, notamment un salaire minimum plus élevé et une réglementation de leur séjour dans les hôtels. En Bulgarie, le paquet Mobilité est appelé « paquet Macron » car il est considéré comme une tentative de Paris et d’autres pays occidentaux de contrer l’avantage concurrentiel des transporteurs routiers d’Europe orientale. La Bulgarie, la Roumanie, la Pologne, la Hongrie, la Lettonie et la Lituanie s’opposent à une partie des changements.
Comme l’indique Euractiv Bulgarie, conformément à l’accord préliminaire, les conducteurs de camions sont tenus de dormir dans des hôtels plutôt que dans des cabines de camions, leur séjour hors du pays d’origine étant limité à 28 jours, tandis que les camions devront retourner dans le pays où est basée leur entreprise au moins une fois toutes les huit semaines.
« Nous porterons l’affaire devant la Cour de justice de l’UE », a déclaré le ministre des Transports Rossen Jelyazkov, cité par Capital.bg. La Bulgarie et d’autres pays aux vues similaires ont estimé que la présidence finlandaise avait outrepassé son mandat. Le Premier ministre bulgare Boyko Borissov devrait soulever la question lors du sommet européen. (Georgi Gotev, Euractiv.com)