Allemagne : les langues minoritaires en danger [FR]

En Allemagne, les langues minoritaires sont menacées de disparition. Un rapport du Conseil de l’Europe publié le 9 juillet préconise dès lors de rédiger une législation pour les protéger.

En Allemagne, les langues minoritaires sont menacées de disparition. Un rapport du Conseil de l’Europe publié le 9 juillet préconise dès lors de rédiger une législation pour les protéger.

Le rapport, le troisième à traiter de l’application de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires en Allemagne, considère le frison septentrional, le frison du Saterland et le bas sorabe comme des langues particulièrement menacées. 

La Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, adoptée par le Conseil de l’Europe en juin 1992, est entrée en vigueur en 1998. Elle cherche à promouvoir les langues menacées dans le cadre de l’héritage culturel européen et à faciliter leur usage au quotidien. Jusqu’à présent, la Charte a été ratifiée par 23 pays et signée 10 par autres pays. 

S’appuyant sur le rapport, le Conseil appelle le gouvernement allemand à adopter des législations spécifiques pour préserver les langues menacées. Il déplore le non-respect de nombreuses recommandations issues des rapports précédents. 

Le rapport exhorte les autorités allemandes à proposer un enseignement primaire et secondaire en ces langues et à favoriser leur diffusion à la radio et à la télévision. Il les appelle également à assurer un enseignement adéquat du haut sorabe, du bas allemand et du romani en particulier.

Par ailleurs, le Conseil enjoint l’Allemagne à garantir que toutes les langues locales actuellement protégées par la Charte – auxquelles il faut ajouter le danois aux langues susmentionnées – peuvent être utilisées pour interagir avec les administrations et les tribunaux.

En réponse, l’Allemagne a déclaré que ses autorités compétentes ne partagent pas toutes invariablement les avis et évaluations du Conseil. D’après le ministre allemand de l’Intérieur, ce ne serait toutefois pas faire justice au rapport que d’adresser des commentaires supplémentaires sans consulter les Länder au préalable. Il a expliqué que le gouvernement pourra réagir de façon plus spécifique lorsque le prochain rapport sera publié.

Langues régionales françaises : une menace à l’unité nationale ?

Parallèlement, le mois dernier, ces questions linguistiques ont également fait du bruit en France, où une tentative visant à inscrire que « les langues régionales appartiennent au patrimoine » dans la Constitution avait été bloquée par le Parlement. 

es langues régionales françaises comptent notamment le breton, le corse, l’occitan et l’alsacien, même si l’article 2 de la Constitution spécifie que « la langue de la République est le français ».

Bien qu’il ait été approuvé à l’Assemblée nationale, l’amendement a été rejeté par le Sénat suite à l’avertissement de l’Académie française – une entité culturelle influente –, qui estimait que cela constituait une atteinte à l’identité nationale et une menace à l’unité nationale. La France doit pourtant ratifier la Charte européenne alors que l’amendement a été renvoyé aux députés pour une seconde lecture.

Au niveau européen, la Commission est censée publier sa nouvelle stratégie en faveur du multilinguisme en septembre. Celle-ci renfermera notamment une recommandation engageant les citoyens européens à apprendre deux langues étrangères en plus de leur langue maternelle – l’une pour un usage professionnelle, l’autre en tant que langue personnelle adoptive (EURACTIV 19/02/08).