Appel à la désobéissance civile pour sauver les langues minoritaires
L'action du peuple plutôt qu'au niveau de l'UE est primordiale pour assurer la survie des langues minoritaires telles que le galicien, a-t-on entendu lors d’une conférence au Parlement européen la semaine dernière, où les participants ont appelé à mettre fin aux législations oppressives telles que la loi sur la langue en Slovaquie.
L'action du peuple plutôt qu'au niveau de l'UE est primordiale pour assurer la survie des langues minoritaires telles que le galicien, a-t-on entendu lors d’une conférence au Parlement européen la semaine dernière, où les participants ont appelé à mettre fin aux législations oppressives telles que la loi sur la langue en Slovaquie.
Convenant que les mesures institutionnelles pour sauver les langues en dangerne peuventpas aller plus loin, les parties prenantes ont mis l'accent sur l'importance de promouvoir leur utilisation dans la vie quotidienne.
Des progrès ont été réalisés au niveau institutionnel, mais pour rendre les choses réelles nous avons besoin d'action au niveau du peuple, de désobéissance civile et d'action directe pour s'assurer que les choses évoluent sur le terrain, a déclaré Sid Morgan de Plaid Cymru, un parti politique du Pays de Galles.
Les langues minoritaires sont une question sensible en Slovaquie, où 10 % de la population a pour langue maternelle le hongrois.
Le Parlement slovaque a adopté une nouvelle loi sur les langues le 30 juin 2009. La loi amendée, proposée par le ministre de la culture Marek Ma?'ari?, a introduit des contraventions allant jusqu'à 5000 euros pour toute "utilisation d'un slovaque incorrect".
La loi met également en œuvre un règlement officiel plus strict pour "l'utilisation correcte du slovaque". Par exemple, un mémorial ou une plaque sur lesquels figurent des textes à la fois en slovaque et dans une langue étrangère ne doivent pas avoir une inscription étrangère plus grande que l'inscription en slovaque.
La Hongrie s'est plainte auprès du Parlement européen et des Nations unies de la loi sur la langue slovaque, qui selon elle crée une discrimination à l'encontre de la minorité hongroise.
Dirk Rochtus, professeur à l'Université Lessius à Anvers, a prévenu que le conflit pourrait conduire au final à l'éclatement de la Slovaquie et a encouragé le gouvernement à communiquer ses politiques de façon plus efficace.
Derrière cette loi ne se trouve peut-être pas le désir de créer davantage de bureaucratie et d'oppresser la minorité hongroise, mais c'est en tout cas l'impression que donne le gouvernement slovaque, a-t-il dit.
M. Rochtus a estimé que la loi pouvait être motivée du point de vue de la protection de la Slovaquie, mais que le problème était que les positions devenaient de plus en plus tranchées des deux côtés.
Cela pourrait conduire à l'autonomie de l'ethnie hongroise au final, a-t-il conclu, prévenant que la Commission européenne ne pouvait agir seulement si les lois internationales et européennes sur les droits des minorités étaient réellement violées.
La loi rend les choses plus difficiles pour la minorité hongroise, mais peut-être pas suffisamment pour que la Commission réagisse. Nous ne pouvons pas réellement parler de violation tant qu'aucune contravention n'est donnée, a dit M. Rochtus.
L'an dernier, les eurodéputés de l'Alliance libre européenne ont encouragé l'UE à utiliser les changement juridiques introduits par le traité de Lisbonne, qui est entré en vigueur dans toute l'Europe le 1er décembre 2009, pour protéger les droits des minorités linguistiques (EURACTIV 01/12/09).