Une vague de chaleur record met à rude épreuve les systèmes de santé européens

Les experts préviennent que les effets d'une vague de chaleur peuvent se faire sentir cinq à dix jours après sa fin

EURACTIV.com
Un panneau indique une température de 41 degrés Celsius le 24 juin 2026 à Paris, en France. [Photo : Annice Lyn/Getty Images]

Les systèmes de santé de l’Union européenne sont soumis à une pression croissante alors que la vague de chaleur actuelle fait grimper les températures à des niveaux records, tant de jour que de nuit, dans une grande partie de l’Europe.

« On a commencé à avoir, et on s’y attendait, les premiers décès », a déclaré jeudi le cabinet de la ministre française de la Santé, Stéphanie Rist. « La situation passe un cap et il faut qu’on passe en gestion de crise avec tous les leviers possibles. »

Face à cette situation d’urgence, le Premier ministre français Sébastien Lecornu a déclenché jeudi le niveau maximal du plan Orsan, ce qui permet aux autorités de mobiliser du personnel médical supplémentaire, de coordonner les hôpitaux, les médecins et les établissements de soins, et de reporter les interventions non urgentes si nécessaire.

« Notre objectif reste le même depuis le premier jour : permettre à notre système de santé de tenir dans la durée et protéger les plus vulnérables », a déclaré Lecornu.

La veille, lors d’une interview à la radio, Rist a indiqué que l’on constate une augmentation d’environ 15 à 20 % du nombre d’appels aux services médicaux d’urgence (SAMU), cette hausse atteignant même 40 % dans certaines villes comme Paris et Rennes, la France figurant parmi les pays les plus durement touchés par la canicule.

Pour l’instant, Rist a indiqué que la situation est « normale » dans les hôpitaux, tout en reconnaissant que les opérations non urgentes ont été reportées afin de faire face à la pression accrue qui pèse sur le système de santé. Rien qu’à Paris, 25 arrêts cardiaques ont été enregistrés en 24 heures mercredi, contre moins de 10 lors d’une journée habituelle, selon le ministère.

La France n’est pas le seul pays à voir son système de santé mis à rude épreuve.

Au Royaume-Uni, des chercheurs de l’université de Birmingham ont estimé que jusqu’à 4 000 opérations pourraient être annulées au cours des quatre journées les plus chaudes de la semaine. Parmi les raisons invoquées figurent le manque de personnel, les conditions de travail dangereuses dans les blocs opératoires et un afflux important de patients dû à la canicule.

Le service d’ambulances de Londres a déclaré jeudi avoir enregistré le plus grand nombre jamais observé d’« urgences mettant la vie en danger » en une seule journée en raison de la « chaleur extrême » qui sévit dans la capitale britannique. Le service a précisé avoir répondu à 642 appels de « catégorie 1 », qui concernent les pathologies les plus graves, telles que les arrêts cardiaques et les patients en arrêt respiratoire.

L’Espagne enregistre plus de 200 décès liés à la canicule

Les pays du sud-ouest de l’UE sont également en première ligne. À Madrid, bien que le gouvernement n’ait signalé aucune pression supplémentaire sur le système de santé, l’Espagne compte déjà ses morts, avec au moins 212 personnes décédées au cours des quatre derniers jours.

En Italie, la canicule a coûté la vie à au moins cinq personnes au cours des dernières 24 heures.

Les prochains jours pourraient s’avérer décisifs, car les experts avertissent que les effets d’une canicule peuvent se manifester entre cinq et dix jours après sa fin, en raison de la déshydratation et de la fatigue accumulées.

« Même après la fin de la vague de chaleur, les services d’urgence continueront d’accueillir des patients souffrant des conséquences de la chaleur », a déclaré le médecin urgentiste Guy Borgers à la chaîne flamande VRT, alors que les températures grimpent également en flèche en Belgique.

Selon la VRT, les hôpitaux s’attendent à une forte augmentation du nombre de patients victimes de la chaleur.

Les températures devraient rester à des niveaux extrêmes jusqu’à la fin de la semaine, avant qu’un courant d’air atlantique n’apporte un soulagement plus modéré – bien que limité – au Portugal, en Espagne, puis dans certaines régions de France.

Il faudra attendre la fin du week-end pour que les températures commencent à baisser en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne et au Royaume-Uni, l’Italie suivant plus tard.

(bms, aw)