Après bouleversement du protocole, Hollande débat au Parlement européen
En tant que chef d'Etat, le Président français aurait dû suivre le protocole réservé à la Reine d'Angleterre ou au Président allemand, dont les rôles sont avant tout honorifiques et diplomatiques.
En tant que chef d’Etat, le Président français aurait dû suivre le protocole réservé à la Reine d’Angleterre ou au Président allemand, dont les rôles sont avant tout honorifiques et diplomatiques.
Angela Merkel, le chancelier autrichien Werner Faymann, bientôt peut-être le premier ministre britannique David Cameron…En partie grâce à l’impulsion du président du Parlement Martin Schulz, les rencontres entre élus et dirigeants européens deviennent un nouveau rituel, en dehors du cadre classique des présidences tournantes du Conseil de l’UE.
Le Président français a lui aussi répondu à l’invitation des députés. Il sera sous le feu de leurs questions mardi 5 février, à l’occasion d’une session plénière du Parlement à Strasbourg.
L’accroissement, au moins théorique, des prérogatives du Parlement européen, depuis le traité de Lisbonne (2009), rend indispensable le dialogue entre les élus et les Etats, regroupés au Conseil européen. D’autant plus que le Parlement est très loin de faire jeu égal avec les 27, même lorsque leurs compétences devraient être partagées.
Situation au Mali, budget de l’UE, avenir de l’Union économique et monétaire, croissance et emploi devraient être les sujets évoqués par François Hollande dans un discours d’une vingtaine de minutes, prononcé à partir de 10h30.
Après bouleversement du protocole du Parlement, son intervention sera suivie d’un débat d’au moins une heure et demie avec les différents groupes. La situation, iconoclaste en Europe, d’un président de la République, qui exerce concrètement le pouvoir, n’est pas prévue dans l’organisation de l’assemblée de Strasbourg.
Un sort différent de la Reine d’Angleterre
En tant que chef d’Etat, François Hollande aurait normalement dû suivre le protocole réservé à la Reine d’Angleterre ou au président allemand, dont les rôles sont avant tout honorifiques et diplomatiques. Mais, comme pour Angela Merkel, les élus voulaient pouvoir débattre avec le président français. Un arrangement a donc finalement été trouvé.
Les groupes prendront la parole à deux reprises et François Hollande leur répondra à chaque fois. Les présidents des formations politiques devraient s’exprimer en premier. Chez les conservateurs du PPE, le Français Joseph Daul cèdera ensuite la parole au président de la commission des Budgets Alain Lamassoure.
Deux jours avant le sommet où une décision des dirigeants européens est attendue sur le budget de l’UE pour 2014-2020, il devrait l’interpeller sur ce le compromis à venir, qui pourrait être rejeté, pour des raisons différentes, par la majorité des parlementaires.
Chez les libéraux de l’ADLE, le président du groupe Guy Verhofstadt devrait plaider pour plus d’intégration politique en Europe, avant de céder le micro à la Française Marielle de Sarnez, qui a souhaité s’exprimer.
Du côté des Verts/ALE, Daniel Cohn-Bendit sera le seul interlocuteur. Au groupe socialiste et démocrate (S&D), l’Autrichien Hannes Swoboda interviendra en premier. Sollicitée, Catherine Trautmann a indiqué à EURACTIV.fr qu’elle préférerait laisser la place à un élu d’une autre nationalité pour éviter une discussion franco-française. A l’issue du débat parlementaire, François Hollande rencontrera la presse et devrait faire « un salut convivial » au groupe S&D.
Familier du débat parlementaire en France, le chef de l’Etat connaît le Parlement européen, mais intervient pour la première fois en tant que président devant cette assemblée multiculturelle.
« Il est plutôt bon dans les exercices d’improvisation », observe une source au Parlement européen. Même si « l’humour français, traduit en letton, ne sera pas toujours pertinent ».