Après la Libye, Sarkozy veut être l’artisan de l’unité de l’UE
Dans un discours prononcé devant les ambassadeurs de France réunis à Paris, le président français a salué le nouveau poids de l’Europe au sein de l’Otan.
Dans un discours prononcé devant les ambassadeurs de France réunis à Paris, le président français a salué le nouveau poids de l’Europe au sein de l’Otan.
La France veut aider l’Europe à prendre toute sa place dans le monde. C’est en substance le message délivré par Nicolas Sarkozy aux ambassadeurs français réunis à Paris pour trois jours, à l’occasion de leur conférence annuelle.
Galvanisé par la réussite d’une opération libyenne au départ très critiquée au sein de l’Union européenne, le Président français compte bien faire entendre sa voix au sein de l’UE. Et sur tous les sujets, de la Libye, à la Palestine en passant pour l’Union pour la Méditerranée ou la réforme de la gouvernance économique de la zone euro.
Fini de « quémander »
Alors que la France et le Royaume-Uni ont mené sous la houlette de l’Otan les opérations militaires en Libye, Nicolas Sarkozy a déclaré « sa joie » de voir l’Europe peser « d’un poids plus grand » au sein de l’organisation. « Les Européens ont montré qu’ils étaient capables d’intervenir de façon décisive dans un conflit ouvert à leurs portes », s’est-il félicité. C’en est fini le temps de la guerre de Bosnie et du Kosovo où « l’Europe allait quémander aux Américains de faire un travail qu’elle n’avait pas le courage de faire ».
Reste que ce n’était pas l’Europe qui était en action en Libye, certains États et pas des moindres, comme l’Allemagne et la Pologne, ayant toujours refusé de s’investir dans le conflit. Et si la France plaide à nouveau pour le développement de l’Europe de la défense, au moins en apparence, c’est bien l’Otan qui est sorti renforcé de cette guerre.
« L’Europe est menacée de rétrécissement stratégique », a d’ailleurs reconnu Nicolas Sarkozy, qui a cité les budgets de défense en baisse partout en Europe mais surtout « l’invocation d’un soft power » souvent utilisé par l’UE comme le « paravent du renoncement ». Pour se donner les moyens de son action, l’Europe doit notamment disposer de capacités militaires robustes, d’une industrie européenne de la défense, estime le président de la République.
« Coordination parfaite »
Le chef de l’État a longuement rendu hommage à David Cameron pour la « coordination parfaite » entre Londres et Paris dans le conflit libyen et la proximité des moyens militaires français et britannique depuis l’accord signé par les deux pays en novembre 2010.
Mais le Président français n’a évidemment pas mentionné la nouvelle fin de non recevoir opposé par le Premier ministre britannique à la création d’un quartier général militaire permanent de l’UE, dont la France a voulu relancer l’idée en pleine crise libyenne. Une réaction de Londres qui montre son manque de volonté d’avancer politiquement sur le dossier de la défense européenne.
Au-delà de la Libye, le chef de l’État a également plaidé pour que l’Europe prenne toute sa place dans les négociations entre Israéliens et Palestiniens. Les États-Unis ne peuvent pas « réussir seuls ». L’Europe doit s’exprimer « d’une seule voix sur la création d’un État de Palestine ». Et pour cela, l’Union européenne pourra compter sur la France.
« Artisans de l’unité »
Paris veut être l’artisan de « l’unité de l’Europe à l’aune du vote au Conseil de sécurité des Nations-Unies », qui doit avoir lieu en septembre en aidant à modifier la méthode de négociation dans le dossier israélo-palestinien. Une pierre dans le jardin de la chef de la diplomatie Catherine Ashton, qui représente l’Union européenne au sein du Quartet. « Il faut élargir le cercle de la négociation, réfléchir à la pertinence du quartet », estime Nicolas Sarkozy.
Paris compte également faire des propositions pour relancer l’Union pour la Méditerranée (UpM), emblème de la présidence française de l’Union européenne de 2008 mais aujourd’hui au point mort. « L’UpM doit être le véritable moteur de la renaissance de la Méditerranée » après les révolutions arabes, assure le président français. Tout reste cependant à faire, y compris convaincre les Allemands du bien fondé de cette structure et de son développement, Berlin étant depuis le début favorable au développement du partenariat oriental plutôt que de l’UPM.
Le président français a enfin réitéré son engagement à ne pas laisser tomber l’euro, une condition sine qua non pour que l’Europe soit en paix. « L’euro est le cœur de l’Europe, si nous cédons sur le cœur de l’Europe, nous cédons sur l’Europe, et si nous cédons sur l’Europe, nous cédons à la paix. »
Sûr de lui, Nicolas Sarkozy assure que dans le dossier économique aussi, les idées portées par la France de gouvernement économique, dirigé par un président stable pour deux ans et demi « sera dans quelques semaines une réalité ».