Augmentation du taux du chômage de longue durée malgré la relance
Malgré une légère baisse du chômage depuis 2009 dans les pays développés, le nombre de personnes sans emploi depuis plus d'un an continue d'augmenter. C'est ce que révèle un rapport publié hier (15 septembre) par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Malgré une légère baisse du chômage depuis 2009 dans les pays développés, le nombre de personnes sans emploi depuis plus d'un an continue d'augmenter. C'est ce que révèle un rapport publié hier (15 septembre) par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Cette étude, qui couvre les pays les plus riches du monde, a révélé que même si le taux de chômage moyen déclinait lentement, le nombre de personnes sans emploi depuis plus d'un an était passé de 24,2 % à 32,4 % entre 2009 et 2010.
Certains pays européens font figure de mauvais élèves, avec un chômage de longue durée qui entre 2009 et 2010, est passé de 30,2 à 45,1 % en Espagne, de 29 à 49 % en Irlande et de 24,5 à 32,6 % au Royaume-Uni.
En revanche, l'Allemagne est la seule grande économie sondée où le taux de chômage de longue durée a baissé.
Le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurría, explique que cette situation représente un réel défi pour les personnes qui tentent de trouver une place sur le marché de l'emploi. « Par expérience des récessions passées, nous savons que les augmentations importantes du taux de chômage de longue durée peuvent prendre plusieurs années à s'estomper et, dans le même temps, les personnes au chômage depuis longtemps sont moins bien armés contre la pauvreté », a-t-il déclaré lors d'un discours présentant l'étude.
Cette augmentation survient dans le contexte d'une relance économique modérée et inégale en Europe. L'agence de statistiques de l'Union européenne, Eurostat, a elle aussi publié des chiffres hier, qui montrent que le nombre de personnes employées dans l'UE avait augmenté de 0,2 % au second trimestre de 2011.
Protection sociale inégale
L'étude révèle que même si le chômage a tendance à augmenter davantage chez les jeunes et les personnes sans emploi depuis longtemps, ce sont ces tranches de la population que les systèmes de protection sociale traitent le moins efficacement.
« Les jeunes chômeurs et autres demandeurs d'emploi ayant une expérience professionnelle limitée ou nulle ainsi que les chômeurs de longue durée sont moins susceptibles de percevoir des indemnités de chômage que les autres chômeurs », souligne le rapport.
Le fait que le taux de chômage ait beaucoup plus augmenté que le montant des prestations laisse à penser que certains chômeurs aient pu passer à la trappe, peut-on encore lire dans cette étude.
Les classes moyennes sont également présentées comme particulièrement vulnérables et peu protégées face au chômage de longue durée.
Le rapport affirme qu'à cause des critères de revenus, « des familles normalement autonomes qui font l'expérience du chômage de longue durée durant une forte récession peuvent avoir des difficultés à accéder aux prestations relevant du dernier pilier ou être contraintes de commencer par utiliser leur épargne, y compris, parfois, de vendre leur logement, ce qui peut compromettre leur situation économique à long terme ».