Candidature de la Serbie : la Roumanie accusée de « manquer d’esprit européen »

  La Roumanie a tenté en vain d’empêcher la Serbie d’obtenir le statut de candidat à l’UE lors d’une réunion des ministres du Conseil des affaires générales hier (28 février). Elle s’est vue accusée de manquer « d’esprit européen ».

EURACTIV.com
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La Roumanie a tenté en vain d’empêcher la Serbie d’obtenir le statut de candidat à l’UE lors d’une réunion des ministres du Conseil des affaires générales hier (28 février). Elle s’est vue accusée de manquer « d’esprit européen ».

Selon les conclusions de la réunion des ministres des affaires européennes en charge de l’élargissement, la Serbie devrait se voir octroyer le statut de candidat lors du sommet européen des 1er et 2 mars prochains. En outre, ces conclusions indiquent qu'une « étude de faisabilité » sera lancée en vue d'un accord de stabilisation et d'association avec le Kosovo, une première étape en vue de son adhésion à l'Union.

Cette avancée a été rendue possible suite à la « normalisation » des relations entre Belgrade et Pristina le 24 février. La Serbie ne reconnait toujours pas l'indépendance de son ancienne province (voir « Contexte »), mais elle a accepté une formule autorisant la représentation du Kosovo dans les forums régionaux, ainsi que la gestion des frontières entre le Kosovo et la Serbie.

Bucarest a inopinément refusé d'accorder le statut de candidat à Belgrade et de lancer une étude de faisabilité sur le Kosovo.

Des diplomates ont déclaré que la délégation roumaine avait exprimé des inquiétudes quant aux droits dont bénéficient les quelque 30 000 citoyens d'origine roumaine qui vivent en Serbie. Certains parmi les 40 000 membres de la communauté valaque se considèrent comme roumains, alors que d'autres se disent serbes.

La Roumanie est l'un des cinq pays de l'UE qui ne reconnaissent pas l'indépendance du Kosovo.

Le ministre danois des affaires européennes, Nicolai Wammen, dont le pays est à tête de la présidence tournante du Conseil de l'UE, a souligné que la Serbie avait rempli toutes les conditions nécessaires à l'obtention du statut officiel de candidat à l'UE.

Le ministre allemand des affaires étrangères, Guido Westerwelle, aurait accusé la Roumanie d'introduire « des aspects de politique intérieure » dans un débat qui concerne l'UE au sens large.

Le ministre suédois des affaires étrangères, Carl Bildt, aurait déclaré que la Roumanie « [manquait] d'esprit européen ». Il a pourtant été le premier par la suite à indiquer via les médias sociaux qu'un accord avait été conclu et à féliciter la Serbie.

« Je suis convaincu que cette décision sera confirmée par les chefs d'État et de gouvernement lors du Conseil européen de jeudi », a déclaré le commissaire européen à l'élargissement, Štefan Füle, à l'issue de la réunion.

« Nous ne pouvons que saluer les progrès accomplis par la Serbie et les résultats significatifs en faveur d'une coopération régionale efficace, inclusive et représentative », a-t-il ajouté.