Le Japon cherche à renforcer ses liens avec l'Europe en matière de défense

La sécurité de l'Europe et celle de la région indo-pacifique sont « indissociables », affirme Tokyo

EURACTIV.com
[Daniel Ceng/Anadolu via Getty Images]

Le Japon souhaite renforcer sa coopération en matière de défense avec des partenaires partageant les mêmes valeurs, notamment l’Europe, afin de faire face à ce qu’il décrit comme le contexte de sécurité le plus difficile depuis la Seconde Guerre mondiale, selon le Livre blanc sur la défense 2026 du pays. 

Publié en début de semaine, ce document décrit l’alliance avec les États-Unis comme « un pilier clé » de la politique de sécurité nationale du Japon et précise que des « efforts soutenus » doivent être déployés « pour élever l’Alliance vers de nouveaux sommets ». 

Mais il ajoute également que la coopération et les échanges bilatéraux et multilatéraux en matière de défense avec d’autres partenaires partageant les mêmes valeurs devraient être renforcés, notamment dans la région indo-pacifique, en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique et en Amérique latine, ainsi qu’au sein de l’OTAN. 

« L’environnement sécuritaire qui entoure le Japon est aussi grave et complexe qu’il ne l’a jamais été depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale », indique le document.

Il ajoute ensuite que la sécurité de l’Europe et de la région indo-pacifique « est indissociable », notamment en raison de la Russie, dont le renforcement militaire en Extrême-Orient, le partenariat stratégique avec la Chine et la coopération militaire croissante avec la Corée du Nord constituent des préoccupations majeures en matière de sécurité.

La Chine est toutefois identifiée comme « le plus grand défi stratégique » auquel le Japon est confronté, en raison de l’expansion de ses activités militaires et de ses opérations de plus en plus affirmées à proximité du territoire japonais, ainsi qu’au-dessus de Taïwan. 

Compte tenu de la gravité croissante de la situation en matière de sécurité, « on ne peut exclure qu’une situation grave similaire à l’agression de la Russie contre l’Ukraine puisse se produire à l’avenir dans la région indo-pacifique, en particulier en Asie de l’Est », indique le document. 

Tokyo a défini sept domaines de capacités comme prioritaires afin de renforcer sa dissuasion, notamment les capacités de frappe à longue portée, la défense aérienne et antimissile intégrée, les systèmes sans pilote, les capacités cybernétiques et spatiales, les systèmes de renseignement et de commandement et de contrôle, ainsi que les armes hypersoniques et les technologies laser destinées à contrer les drones et les missiles de croisière.

Le pays considère que le transfert d’équipements de défense et la coopération technologique avec ses alliés sont essentiels pour atteindre ces objectifs, plaçant une nouvelle fois les États-Unis au cœur de ces efforts.

Toutefois, l’établissement de nouvelles coopérations ou le renforcement de celles existantes figure parmi les objectifs, le document citant, à titre d’exemples, les projets de développement et de production de 11 frégates avec l’Australie, ainsi que le Programme mondial de combat aérien (GCAP) annoncé en décembre 2022 avec le Royaume-Uni et l’Italie.

(cm)