Contre toute attente, Viviane Reding encense l’action de Barroso
Pour la Luxembourgeoise, le président de la Commission serait « très actif » et mériterait d’exercer ses fonctions cinq ans de plus. Soupçonnée d’être candidate à la présidence de la Commission, Viviane Reding crée la surprise dans une interview à Euractiv Italie.
Pour la Luxembourgeoise, le président de la Commission serait « très actif » et mériterait d’exercer ses fonctions cinq ans de plus. Soupçonnée d’être candidate à la présidence de la Commission, Viviane Reding crée la surprise dans une interview à Euractiv Italie.
Viviane Reding fait partie des rares commissaires européens à ne pas mâcher ses mots. Son tempérament a marqué les esprits en France lors d’un épisode rugueux avec le précédent gouvernement qui souhaitait accroître les renvois de Roms. La Luxembourgeoise avait alors sonné la charge, faisant ressurgir le spectre des « déportations » et du ciblage ethnique pendant la Deuxième Guerre mondiale.
Son passage à Paris, cette semaine, s’est au contraire déroulé dans un climat apaisé. La commissaire est en opération séduction, et pas seulement en France. Alors qu’elle manœuvre en coulisse pour prendre les rênes de l’organe exécutif européen, la vice-présidente de la Commission n’hésite pas à couvrir d’éloges l’actuel président de l’institution. Pour Viviane Reding, José Manuel Barroso est « un président très qualifié et très actif. Je l’admire pour sa force, son intelligence juridique, sa patience et son bon sens face à la crise actuelle », a-t-elle confié à Euractiv Italie.
Un dévouement et des compétences qui gagneraient à être récompensés : « Je souhaite personnellement que José Manuel Barroso serve un troisième mandat », ose Viviane Reding. « Nous aurons besoin de continuité et de stabilité à la tête des gouvernements dans les années à venir. »
Critiqué de toutes parts pour son manque de pugnacité face aux États, José Manuel Barroso ne chercherait pas à briguer un troisième mandat. Un point confirmé en conférence de presse à Bruxelles, le 4 septembre.
En 2014, le renouvellement de la Commission va laisser place à une évolution dans le paysage européen. Alors que les eurodéputés se contentaient jusqu’ici d’entériner le choix des États, les groupes politiques vont cette fois-ci proposer chacun leur figure de proue. A gauche, l’Allemand Martin Schulz, aujourd’hui président du Parlement européen, semble obtenir les faveurs du groupe S&D. A droite, le nom de l’actuel président polonais, Donald Tusk, commence à circuler.
Le « poste idéal »
Pour Viviane Reding, il est temps que le « Parlement européen élise directement le président de la Commission à la lumière du résultat des élections législatives », qui se tiendront en juin 2014. En amont, les candidats devront faire campagne à travers toute l’Europe, « ce qui rapprocherait » l’UE du système américain, poursuit-elle, même si la tâche promet d’être plus complexe, « au plan linguistique et culturel».
L’obstacle est moins insurmontable qu’il n’y paraît pour cette sexagénaire du Grand-Duché, carrefour polyglotte de l’Europe… Celle qui dit occuper « le poste idéal » pour « être proche des citoyens » balise le terrain, ne serait-ce qu’avec les médias.
Interviewée par Pascale Clark fin 2011 sur France Inter, elle a récemment fait de nombreuses apparitions médiatiques, sur France 3, Euronews, dans le Monde, ou encore dans le journal suisse le Temps, sur un mode beaucoup plus personnel.
Traditionnellement, la présidence de la Commission européenne revient tour à tour à des représentants de petits, puis de grands pays. Le dernier président luxembourgeois, Jacques Santer, est parti dans le déshonneur, contraint de démissionner après une affaire de corruption en 1999, un an avant le terme de son mandat.