Copenhague : le lobby des entreprises se divise [FR]

L’industrie a bataillé pour influencer les discussions climatiques à Copenhague en raison d’un processus de négociation vague et d’une séparation des lobbies entre les gagnants et les perdants des politiques climatiques, ont affirmé des responsables vendredi (11 décembre).

meeting_04.jpg
meeting_04.jpg

L’industrie a bataillé pour influencer les discussions climatiques à Copenhague en raison d’un processus de négociation vague et d’une séparation des lobbies entre les gagnants et les perdants des politiques climatiques, ont affirmé des responsables vendredi (11 décembre).

Les négociations de l’ONU à Copenhague sont destinées à convenir des grandes lignes du nouveau traité, notamment des réductions importantes des émissions de carbone, à l’occasion d’un forum qui n’implique pas directement les entreprises.

Les personnels de direction, qui se sont rencontrés dans un endroit éloigné de plusieurs kilomètres du centre des négociations de l’ONU (7-18 décembre), ont reconnu que le lobby des entreprises était divisé sur l’action climatique, ce qui pourrait être un désavantage pour les secteurs intensifs en énergie comme le ciment ou la production électrique.

Il est difficile de parler d’une seule voix, a déclaré à Reuters Jim Rogers, responsable exécutif chez Duke Energy.

En réalité, il y a beaucoup de voix. Cela va rendre les choses beaucoup plus difficiles pour trouver une solution pauvre en carbone. Nous sommes d’accord sur certaines choses : nous avons besoin d’un chemin clair, pour agir maintenant et il faut fixer un prix au carbone.

Les analystes estiment que les entreprises devront fournir environ 80 %  du capital pour payer pour une économie pauvre en carbone, par exemple dans la production électrique, les usines et l’agriculture.

Nous devrions nous parler avant ces rencontres de l’ONU et remettre nos messages aux négociateurs nationaux. Le secteur du ciment en Chine n’est pas différent de celui de la France. Nous avons beaucoup à apprendre des ONG (organisations non gouvernementales), a déclaré Bill Kyte, conseiller climatique chez E.ON et au sein d’Eurelectric, groupe de lobby du secteur électrique.

Les groupes tournés vers l’environnement et le développement sont très mobilisés sur les négociations climatiques, et font entendre leurs voix via des manifestations et des liens étroits avec les médias.

Les lobbies des entreprises sont nombreux et se concentrent sur la limitation des actions unilatérales, ce qui constitue l’une des difficultés des entreprises pour parvenir à une seule voix.

BusinessEurope, le lobby des entreprises de l’UE, a conseillé cette semaine la chose suivante : l’UE ne devrait pas augmenter son objectif de réduction des émissions de CO2 pour 2020, comme cela est envisagé, sans un accord climatique international. En l’absence d’accord global […], l’UE ne devrait en aucun cas augmenter son engagement actuel unilatéral de réduction de 20 % du CO2, a affirmé le groupe, ajoutant que l’allocation gratuite de crédits d’émissions de carbone à des secteurs industriels spécifiques devait rester en place.

BusinessEurope estime que trop peu d’attention a été portée aux politiques de libre échange pour encourager la coopération technologique dans le combat contre le changement climatique. Etablir un système robuste de propriété intellectuelle et de protection des investissements serait essentiel pour atteindre cet objectif, a-t-il dit, exprimant son soutien pour un plus grand partage de l’information sur les technologies hors brevets.

Soutien

La Chambre de commerce des Etats-Unis a perdu certains de ses membres lorsqu’elle s’est opposée au projet de loi climatique américain, approuvé de peu par la Chambre des représentants, et qu’elle a décrit comme une charge supplémentaire pour les entreprises.

Mais l’un des responsables de la Chambre a déclaré à Reuters qu’il pourrait soutenir un projet de loi au Sénat, qui votera l’an prochain, produit par les Sénateurs John Kerry, Joseph Lieberman et Lindsey Graham.

Peut-être que cette approche pourrait être la base pour un projet de loi que nous pourrions soutenir, mais il y a encore beaucoup de détails à régler, a déclaré Stephen Eule, dans la première réponse de la Chambre à l’initiative des sénateurs mise en avant mardi. Je pense qu’il s’agit d’une bonne base de travail pour commencer, a-t-il dit.

Les responsables, lors de le rencontre de vendredi à Copenhague, étaient largement issus du secteur des industries pauvres en carbone.

Ils vont se retrouver du côté des perdants de là où nous allons, a déclaré Bjorn Stigson, responsable du World Business Council for Sustainable Development, en se référant aux entrepreneurs sceptiques.

M. Rogers de Duke Energy a déclaré que la Chine démontrait comment on pouvait faire de l’argent grâce au changement climatique. Ils vont traverser le pont vers un monde pauvre en carbone et vont faire de l’argent, a-t-il dit. La Chine est le plus important producteur de panneaux solaires et le plus gros marché de l’éolien.

Certains responsables ont mis en avant le fait que le processus climatique de l’ONU était inaccessible et produisait des résultats peu tangibles. Nous avons besoin d’objectifs clairs. Je m’attends à beaucoup de manigances, a déclaré M. Kyte à Reuters, expliquant qu’il participait chaque année à la rencontre climatique de l’ONU, dont Copenhague est la dernière en date, depuis 1992 au Brésil. Il s’est exprimé en son propre nom.

Donnez aux entreprises des objectifs clairs et elles les atteindront, a-t-il dit.

(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EURACTIV.)