David Cameron en tournée pour défendre sa réforme de l’UE
David Cameron, le premier ministre britannique, rencontrera les dirigeants de l’Allemagne, de la France et de l’Espagne cette semaine afin de tenter d’obtenir du soutien pour sa vision d’une Union européenne réformée.
David Cameron, le premier ministre britannique, rencontrera les dirigeants de l’Allemagne, de la France et de l’Espagne cette semaine afin de tenter d’obtenir du soutien pour sa vision d’une Union européenne réformée.
Le chef du gouvernement britannique avait provoqué en janvier la colère des dirigeants de l'UE lorsqu'il avait déclaré qu’il tenterait de renégocier les termes de l'adhésion de la Grande-Bretagne à l'UE et demanderait aux électeurs s'ils désiraient rester au sein de l'Union par référendum.
Français et Allemands avaient alors accusé le premier ministre de vouloir une adhésion « à la carte » qui lui permettrait de choisir les pouvoirs. Le Parti travailliste dans l'opposition a indiqué que la Grande-Bretagne risquait de se diriger sans s'en rendre compte vers une sortie de l'UE.
Confronté à des hostilités par rapport à sa politique sur le continent, David Cameron est face à une bataille délicate lors de sa rencontre à Madrid lundi avec son homologue espagnol, Mariano Rajoy. Il s'envolera ensuite dans la journée pour Paris où il s'entretiendra avec le président français, François Hollande, avant de se rendre vendredi en Allemagne pour des discussions avec la chancelière Angela Merkel.
Pour David Cameron, la crise de la zone euro rend inévitables de profonds changements dans le fonctionnement des institutions européennes et impose une réforme des traités, attribuant à la Grande-Bretagne un nouveau rôle dans l'Union.
Arguments d'une adhésion « à la carte »
« Il ne s'agit pas d'opérer un choix à la carte, mais de dire que ne pas pouvoir avoir une Europe flexible est une erreur, comme certains l'affirment », a déclaré le premier ministre britannique dans un communiqué. « Nous pouvons avoir une Europe flexible dans laquelle nous ne ferons pas tous la même chose, de la même manière et au même moment », a-t-il poursuivi.
David Cameron entend se faire le défenseur d'une Union européenne dans laquelle les membres pourraient assumer des rôles différents. Il fera valoir que tous les pays de l'UE ne figurent pas dans la zone euro et que tous ne participent pas à l'espace Schengen, à l'instar de la Grande-Bretagne.
David Cameron doit remonter dans les sondages, gagner les élections en 2015 et convaincre les dirigeants de l'UE de lui permettre de récupérer des pouvoirs de Bruxelles avant que les électeurs britanniques ne puissent s'exprimer sur l'Europe par référendum.
L'ampleur de sa mission s'est concrétisée en janvier lorsque des personnalités politiques européennes ont qualifié son discours historique sur l'Europe d'irréaliste et de source de divisions.
Le premier ministre britannique, qui souhaite prendre les devants, formulera une réforme dans le cadre d'un appel plus large afin d’alléger l'UE et de la rendre plus compétitive.
Il cherchera à gagner du soutien en Europe grâce à un appel à une réduction des dépenses de l'Union et de sa paperasserie.
« Cette organisation est mûre pour une réforme », a-t-il estimé. « Nous avons besoin d'une Europe qui soit plus ouverte, plus compétitive et plus flexible. »
Le dilemme de David Cameron
Le premier ministre britannique est confronté à un dilemme sur l'Europe. Il estime que la Grande-Bretagne est plus forte au sein de l'Union. Des députés eurosceptiques virulents de son Parti conservateur considèrent toutefois Bruxelles comme une menace pour la souveraineté britannique. Ils veulent que David Cameron adopte une ligne plus radicale envers l'UE ou que le pays quitte l’Union.
La pression concernant l'Europe s'est accentuée sur M. Cameron avec la montée du Parti de l'indépendance, qui prône une sortie de l'UE et qui a séduit certains électeurs conservateurs. Les différends sur l'Europe ont tourmenté les deux derniers gouvernements conservateurs de Margaret Thatcher et de John Major.
David Cameron sera également confronté à des difficultés évidentes lors de son arrivée dans des capitales européennes qui partagent des préoccupations différentes. En Espagne, peu d'éléments indiquent que les Espagnols perdent leur affection pour l'Union européenne. Des pressions locales, dont la crise financière, les questions constitutionnelles soulevées par le mouvement indépendantiste catalan, et des scandales impliquant la famille royale sont sur le devant de la scène.