Défaite des conservateurs face aux antieuropéens aux élections partielles
Le Parti conservateur de David Cameron, le premier ministre britannique, a essuyé un camouflet lors d’une élection en Angleterre après que son partenaire de coalition éclaboussé par un scandale lui a infligé une défaite. Les conservateurs ont été relégués à la troisième place par le parti antieuropéen de l’eurodéputé Nigel Farage, selon les résultats annoncés ce matin (1er mars).
Le Parti conservateur de David Cameron, le premier ministre britannique, a essuyé un camouflet lors d’une élection en Angleterre après que son partenaire de coalition éclaboussé par un scandale lui a infligé une défaite. Les conservateurs ont été relégués à la troisième place par le parti antieuropéen de l’eurodéputé Nigel Farage, selon les résultats annoncés ce matin (1er mars).
David Cameron et son parti avaient espéré arriver en deuxième position ou même remporter les élections législatives à Eastleigh. Le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP) a cependant relégué le Parti conservateur à la troisième place. Les indépendantistes plaident en faveur d'une sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne et s'opposent fortement à l'immigration.
Les libéraux-démocrates ont gagné ces élections, ce qui renforcera la pression exercée sur David Cameron par les législateurs mécontents au sein de son propre parti. Ces derniers redoutent que le premier ne soit pas capable de les mener à la victoire lors des élections générales de 2015 puisqu'il devra remporter des sièges parlementaires comme à Eastleigh.
David Davis, une personnalité éminente du parti et un ancien candidat au poste de président du parti, a prévenu avant le vote qu'« une crise » aurait lieu si les conservateurs étaient relégués à la troisième place par l'UKIP.
Nigel Farage, le chef de file de l'UKIP et eurodéputé, a déclaré que les résultats révélaient que les Britanniques se méfiaient des partis politiques traditionnels.
« Cela montre simplement que le message de l'UKIP résonne vraiment chez les électeurs », a-t-il expliqué à Reuters. « L'UE et l'immigration font partie du même débat et c'est le message que l’opinion publique britannique commence à comprendre. »
Un coup de pouce pour les libéraux-démocrates
Cette victoire est toutefois hautement symbolique pour les libéraux-démocrates qui ont fait l'objet d'un scandale de harcèlement sexuel et de parjures. L'autorité de Nick Clegg, le vice-premier ministre et dirigeant du parti, a été mis à mal au cours des dernières semaines.
Le mouvement centriste a recueilli 13 342 voix, l'UKIP en obtient 11 571 et les conservateurs 10 559. Le Parti travailliste ferme la marche avec 4 088 voix. Avec près de 28 % des votes, l'UKIP a obtenu ses meilleurs résultats jamais enregistrés au cours d’élections législatives britanniques.
Grant Shapps, le président du Parti conservateur, a nié que les résultats constituaient « une crise » pour David Cameron en ajoutant qu'il était très rare qu'un gouvernement au pouvoir remporte un nouveau siège à la mi-mandat.
Le candidat de l'UKIP, Diane James, a affirmé que les résultats constituaient « un énorme choc politique ».
L'UKIP a détourné le soutien aux conservateurs de David Cameron en s'attaquant à la bureaucratie de l'UE et à l'immigration venant de l'Europe de l'Est. Il a également tiré profit d'un sentiment largement partagé selon lequel les partis traditionnels ignorent les préoccupations des électeurs.
Les élections à Eastleigh ne reflètent pas réellement le sentiment national : le Parti travailliste de l'opposition arrive en tête des sondages alors que le Parti libéral?démocrate figure à la troisième ou quatrième place.
Ces élections sont survenues lorsque l'autorité de Nick Clegg au sein de son parti subissait de fortes pressions. Sans lui, les conservateurs de droite ne peuvent pas gouverner ou adopter des textes de loi.
Un scandale sexuel autour de Chris Rennard, un ancien haut responsable du parti, a mis en difficulté Nick Clegg. Certains se demandaient ce qu'il savait de cette affaire et quand et comment il l'avait traitée. D’autres l'ont également accusé d'avoir couvert l'affaire. M. Rennard dément fortement les accusations.