Dernière charge contre la présidence hongroise de l’UE
Violemment critiquée par certains députés pour sa politique intérieure, la Hongrie s’est vue adresser des lauriers pour son bilan à la tête de l’UE.
Violemment critiquée par certains députés pour sa politique intérieure, la Hongrie s’est vue adresser des lauriers pour son bilan à la tête de l’UE.
Jusqu’au dernier moment, la présidence hongroise du Conseil de l’Union européenne aura fait parler d’elle. Au second jour de la session plénière du Parlement européen, mardi 5 juillet, le chef du gouvernement hongrois Viktor Orban, a présenté le bilan des six mois du mandat du pays à la tête de l’UE.
Le leader du parti majoritaire de droite (Fidesz) s’est vu reprocher par certains députés européens la conduite de sa politique interne. L’eurodéputé français Daniel Cohn-Bendit (Verts/ALE) n’a pas pris de gants en reprochant à Viktor Orban d’avoir consacré « le diktat de Bruxelles » dans l’une de ses déclarations.
Le chef du gouvernement hongrois avait évoqué l’influence quasi-dictatoriale de Bruxelles alors qu’il répondait aux critiques européennes sur la nouvelle constitution hongroise, adoptée en avril dernier.
« Vous êtes un combattant de la dictature contre les dictateurs. Le combattant s’appelle Viktor Orban et le dictateur s’appelle Viktor Orban », a déclaré le militant écologiste.
Ces propos sont ceux « de la gauche anti-démocratique », a rétorqué Viktor Orban lors de sa conférence de presse. Les parlementaires hongrois ont quant à eux appelé Daniel Cohn-Bendit à s’excuser.
Malus
Lors de la conférence de presse, le chef du gouvernement hongrois n’a pas hésité à remettre les pieds dans le plat. « La Hongrie n’est pas subordonnée à Bruxelles, celle-ci n’est pas notre centre de commandement », a t-il déclaré, ajoutant, traité de Lisbonne a l’appui, que chaque pays « a le droit de rédiger sa propre Constitution ».
Les députés européens s’étaient montrés critiques pour dénoncer un texte « réactionnaire », dont la rédaction, principalement orchestrée par la plume de Viktor Orban, était jugée « anti-démocratique ».
Les parlementaires ont d’ailleurs adopté, peu de temps après le départ de Viktor Orban, une résolution sur le nouveau texte constitutionnel. Les élus européens ont appelé à la vigilance sur le droit des minorités, le droit à l’avortement, ou le statut de la Cour constitutionnelle en Hongrie.
« Je me félicite du vote de cette résolution qui ne remet pas en cause l’adoption de cette nouvelle Constitution préparée par le gouvernent Orban, mais s’interroge sur son caractère démocratique et conforme aux valeurs de l’Union Européenne », a expliqué la députée socialiste (S&D), Sylvie Guillaume.
La Constitution n’est pas le seul malus dans les tiroirs du Fidesz. La loi sur les médias a elle aussi fait polémique au début de la présidence.
« Venez en Hongrie, et vous y entendrez un débat politique percutant et non censuré », s’est défendu le chef du gouvernement devant les journalistes.
Des critiques qui détonnent avec l’atmosphère de satisfaction ambiante sur les résultats de la présidence.
Bonus
L’ensemble des députés s’est accordé pour reconnaître le bon bilan du mandat hongrois. « Qui plus est dans une conjonture difficile », a souligné le président du Parlement, Jerzy Buzek, faisant référence à la crise en Grèce.
La mise en place du semestre européen, les négociations sur les perspectives budgétaires 2014-2020, l’encadrement des discussions sur la gouvernance économique, ont été salués. Un départ sur les lauriers qui donne au gouvernement, attaqué sur ses politiques internes, un air « schyzophrène« , selon les mots de Daniel Cohn-Bendit.
Un syndrome que réfute Viktor Orban, qui a invité les députés à relire le programme de sa présidence pour constater la bonne mise en oeuvre des objectifs de départ.